samedi 24 septembre 2016

Dernier meurtre avant la fin du monde, tome 3 : Impact de Ben H. Winters

Année d'édition : 2016
Edition : Super 8
Nombre de pages : 380
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
" This is the end. " Tragique, superbe et sans concession, la conclusion magistrale d'une série apocalyptique unique en son genre. Les derniers jours sont arrivés. Ancien agent des forces de police de Concord (New Hampshire), Hank Palace a trouvé refuge dans les bois de Nouvelle-Angleterre, où d'anciens collègues se sont rassemblés pour attendre la fin. Mais son esprit n'est pas encore en paix. Il lui reste une affaire à régler, la plus importante peut-être : celle de la disparition de sa sœur Nico, qui semble liée aux activités d'un énigmatique culte pseudo-survivaliste qui entend encore sauver le monde, envers et contre tout. L'humanité entre maintenant dans ses derniers soubresauts. En route pour l'Ohio, où l'attend manifestement une révélation tragique, l'inoxydable Hank, accompagné du chien Houdini et de son ami Cortez, découvre à bicyclette ce qui reste de l'Amérique : un monde en ruine et déserté par la technologie, un territoire hostile peuplé de gangs fanatiques, d'immigrants illégaux, de groupuscules religieux... et d'une communauté amish qui pourrait bien l'amener à reconsidérer toute sa perception des choses.

Mon avis :

Hank Palace sait la fin proche. Mais avant de fermer les yeux pour toujours comme tous les habitants de la Terre, il a une dernière mission qui lui tient à coeur. Une enquête personnelle : retrouver Nico, sa soeur, l'intrépide jeune femme qui espère encore qu'il est possible de sauver la planète de l'impact avec l'astéroïde. Une éternelle rêveuse qui fera tout pour garder l'espoir jusqu'à la fin. La question que Hank se pose désormais c'est où est-elle ? 

Voilà une trilogie que j'ai pris plaisir à lire dès le début. Parce qu'elle apporte une certaine originalité dans le milieu apocalyptique déjà. Ensuite, j'ai complètement accroché à la plume de l'auteur. C'était très agréable à lire et loin d'être idiot. Et puis avouons-le, l'auteur ne s'en sort pas avec de multiples pirouettes et garde la même optique tout du long. Une fois encore Hank Palace va voir ses nerfs mis à rude épreuve et va une ultime fois devoir résoudre une énigme qui cette fois-ci concerne uniquement sa soeur Nico.

Nico est un personnage clef pour le héros. Non seulement c'est sa soeur et il s'en est occupé depuis qu'elle est très jeune, mais en plus elle pense avoir la clef pour empêcher la fin du monde. Sa positivité vont tout au long de la trilogie la mettre en danger et dans ce dernier opus c'est encore plus visible et d'autant plus intense qu'on croise les doigts pour que Hank puisse voir sa soeur une dernière fois avant l'impact. C'est une véritable course contre la montre et j'ai failli me ronger les ongles d'angoisse tant j'espérais que Hank parvienne à la retrouver intact.

Voici pourquoi je qu'elle n'est pas morte : parce qu'à chaque fois, elle ne l'est pas. Comme la fois où je l'ai retrouvée à White Park, cachée telle une fée malicieuse dans l'ombre sous le toboggan, après l'enterrement de papa. Tu as cru que j'étais partie, moi aussi, pas vrai, Hank ? Et elle avait raison, c'est ce que j'avais cru, et depuis ce jour-là elle m'a régulièrement donné des raisons de le croire de nouveau. Depuis l'année de la mort de nos parents, j'ai toujours porté en moi cet avant-goût de son destin fatal, comme une aigreur d'estomac, cette vieille certitude qu'un jour elle aussi disparaîtrait au loin. [...] Et pourtant, chaque fois, encore et toujours, elle a réussi à surnager entre les marées de son existence, comme un poisson aperçu le temps d'un éclair dans l'écume sombre, même durant ces derniers mois terribles. [...] Mais quand même. Il  n'empêche que, de nouveau, elle n'est plus là, et la terreur monte comme une maladie dans mes tripes, la conviction qu'elle est morte ou mourante quelque part, et je dois me forcer à me rappeler qu'elle s'en est toujours, toujours sortie. Sans une égratignure. Elle est quelque part. Elle va bien. Page 92.

La tension de hank est donc bien palpable et sa dernière mission est de s'assurer que Nico va bien, en sachant pourtant qu'il ne leur reste que quelques jours à vivre avant que le monde ne disparaisse. Quel intérêt donc pour le héros que de s'assurer que sa soeur va bien si d'ici quelques jours ce ne sera plus le cas ? On sent vraiment le désespoir du héros qui a conscience que le monde qu'il a connu va bientôt disparaître, mais c'est plus fort que lui, il ne peut s'empêcher de savoir sa soeur en sécurité. C'est dans ses gènes et surtout dans sa tête depuis qu'ils ont perdu leurs deux parents. On pourrait parfois penser que le héros occulte la fin du monde et tente de vivre comme autrefois. Et là on comprendrait mieux ses recherches et le danger qu'il affronte. Mais non. Il est conscient que c'est inutile, seulement son coeur lui demande de mourir en paix en sachant où est Nico.

Je me surprends à imaginer une minute la paix qui règnera sur le monde lorsque les humains seront partis, lorsque les étendues asphaltées seront envahies par les herbes folles et que les oiseaux auront l'usage du ciel entier.
Je sais, bien sûr, que ce n'est qu'une rêverie de plus, encore un souhait largement répandu : le monde post-apocalyptique virginal et pastoral, débarrassé des cités sales et des machines bruyantes de l'humanité. Car ces arbres du Midwest au feuillage roux vont flamber dès les premiers instants de la fournaise. Les arbres du monde entier vont s'embraser comme du petit bois sec. [...] Ce qui va arriver ne sera pas la reconquête de la Terre par une Mère Nature triomphante, une répudiation karmique de la mauvaise intendance appliquée par une humanité arrogante. Rien de ce que nous avons jamais fait n'aura plus la moindre importante. Page 93  

J'aime énormément ce passage où Hank montre bien qu'il n'est pas aveugle et que rien ne survivra à l'impact. Et c'est la seconde grande question de ce dernier opus après la recherche de Nico : que va-t-il réellement se passer ? L'impact aura-t-il lieu ? Détruira-t-il tout sur son passage ? L'Homme parviendra-t-il comme Nico le pense à empêcher l'astéroïde de heurter la Terre de plein fouet ? 

La réponse est apportée dans ce dernier opus. Une réponse claire et qui pourtant laisse place à notre imagination. Un final réussi et qui me satisfait pleinement. Non seulement la recherche de Nico aboutie à quelque chose, mais en plus l'auteur boucle la boucle sur ce dernier jour fatidique. J'ai eu des frissons par certains passages très poétique et imagés où l'auteur ne nous décrit pas tout, seulement le plus important et ce qui aura le plus d'impact sur le lecteur.

Ami lecteur, ce dernier opus pourrait bien vous tirer quelques larmes tant le chemin choisi par Hank est douloureux. On a fini par s'attacher à ce policier et à Houdini son fidèle chien. Même Cortez finit par nous plaire, l'unique allié de Hank, un homme instable et dont on se méfie continuellement. J'ai aimé le quasi vide autour de Hank. On sent que les gens se cachent ou sont morts. La plupart sont partis vivre leur dernier rêve tandis que Hank reste au même endroit, fidèle à lui-même à poursuivre son boulot de flic. Il rencontrera quelques personnages atypiques, comme ce couple qui profite des derniers instants pour roucouler et manger du poulet. Il y a aussi ces amish où le patriarche cache certains faits à sa famille pour les laisser vivre heureux avant que le pire n'arrive.

C'était un dernier tome incroyable et qui me laisse un petit goût de tristesse en bouche, de savoir que oui Hank a accompli son ultime mission et on ne le retrouvera plus. Dur de lui dire au revoir ! 

Les plus : 
* L'ambiance apocalyptique
* Le héros qui cherche sa soeur alors que la fin est proche
* la tension du roman, jusqu'à la dernière page !

Les moins :
* J'aurais aimé que Cortez soit un peu plus présent. 


 
 

mercredi 21 septembre 2016

Six Of Crows, tome 1 de Leigh Bardugo

Année d'édition : 2016
Edition : Milan (Macadam)
Nombre de pages : 496 pages
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Ketterdam : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « les Mains Sales ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant...

Mon avis :


Kaz est un malfrat. Meneur de gang il ne supporte pas de perdre le contrôle. Voleur depuis sa plus tendre enfance, il met un point d'honneur à toujours rester de marbre et ne montre jamais ses émotions. Sa réputation le précède et beaucoup le craignent. Lorsqu'il a la possibilité de gagner beaucoup d'argent en réussissant une mission très périlleuse et quasi impossible, Kaz n'hésite pas et fait appel à une équipe aussi folle que lui et tout aussi dangereuse. Inej, son spectre, la femme de l'ombre qui peut grimper pratiquement partout, Jesper un tireur d'élite qui adore les jeux d'argent, Nina, une Grisha aux pouvoirs surprenants, Matthias un soldat très fort prêt à tout pour se venger et Wylan un jeune homme issu de la richesse qui fuit son père, tous vont accepter la mission de Kaz... Même si leur vie sera très vite en jeu !

Quand j'ai vu l'avalanche d'avis positifs sur le net, j'avoue ne plus avoir eu envie de le lire de suite par peur de trop en attendre et d'être déçue. J'ai donc pris le choix d'attendre un peu et finalement, je regrette de ne pas avoir lu ce roman bien plus tôt. Parce qu'il mérite amplement les éloges qu'il a eu sur la toile. C'est à mon sens l'un des meilleurs roman jeunesse que j'ai lu cette année. Et encore, je dois bien avoué qu'il n'était pas si jeunesse que ça surtout avec certaines scènes très gores. N'espérez donc pas y trouver de la romance, de l'amitié et des personnages doux comme des agneaux, vous le regretteriez !

La plume est addictive et permet de savourer le roman du début à la fin. L'action est dosé avec justesse pour éviter que le lecteur ne tombe dans l'ennui. Leigh Bardugo divise ses chapitres selon les personnages qu'elle souhaite mettre en lumière. Si Kaz est bien le "chef" du groupe, il n'aura pas toute la gloire puisque tous les membres du groupe seront mis à l'honneur, même Wylan ! Les émotions sont tout de même mises en avant parce qu'au fur et à mesure de notre lecture on parvient vite à déceler certaines affinités entre personnages et même quelques traces d'amour entre certains membres du groupe. J'ai même eu la sensation que l'auteur instaure les prémices d'une romance gay et c'est assez rare en fantasy YA pour le souligner ! (A moins que cela soit déjà vu, mais que je n'ai pas lu l'ouvrage en question, possible aussi !) Et je dois bien avoué que ça m'a beaucoup plu et que c'est en partie ce qui me donne très envie de lire le prochain opus !

Alors Six of Crow c'est quoi ? Un roman de fantasy où les héros ont entre 16 et 20 ans, mais ne pensez pas pour autant que ce sont des gosses. Ils ont une belle mâturité et sont les rois du vol, de la magie et de l'évasion. Suffit de voir Kaz qui du haut de ses dix sept ans n'a de pitié pour personne. Pas étonnant quand on découvre son histoire et son tragique passé. Kaz il rigole pas. Jamais. Mais surtout il est intelligent, mal-intentionné et la seule chose qui compte pour lui maintenant, c'est le pognon. Enfin en apparence. Son bras droit c'est Inej, une jeune fille discrète et sournoise qui ferait rougir d'envie Altaïr d'Assassin's Creed ! 

L'ambiance est bonne, sombre à souhait, très violente comme en témoignent certains passages : 

"Il creusa une petite entaille nette sur l’œil d'Oomen, depuis le sourcil jusqu'à la pommette et avant que le pauvre homme ait le temps de reprendre sa respiration pour pousser un hurlement, il trancha une nouvelle fois, mais à l'horizontale. Une croix parfaite. Oomen poussa un cri de douleur mêlée à la terreur.
Kaz essuya le couteau et le rangea dans sa manche. Il enfonça ensuite ses doigts gantés dans l'orbite d'Oomen qui se tortilla dans tous les sens pendant que Kaz lui arrachait l’œil.Le sang gicla sur son visage.
Kaz entendit Wylan réprimer un haut-le-cœur. Il jeta l’œil par-dessus bord et essuya l'orbite d'Oomen avec son mouchoir tachéé du crachat du sale type. Ensuite il enserra la mâchoire de l'exécuteur fermement." p207.

Quand je vous disais que Kaz n'avait aucune pitié ! Pourtant son profil n'est pas exagéré par l'auteur. Il sait se montrer un peu humain. Bon oui juste un tout petit peu et pour servir ses intérêts, mais il n'est pas mauvais pour être mauvais. C'est toujours dans l'attente de réussir l'un de ses superbes tours de passe-passe dont lui seul à le secret. Les autres personnages auraient pu être effacé par Kaz et son tempérament, mais fort heureusement ce ne fut pas le cas. Inej qui semble fragile en raison d'un passé qu'elle s'efforce de racheter suit Kaz comme son ombre et même si elle n'est pas toujours d'accord avec lui, elle va dans son sens. Matthias et Nina m'ont bien plu même si j'ai crains pendant longtemps que l'auteur ne tourne ce duo en histoire d'amour mièvre et chiante. Heureusement, le scénario n'a pas le temps pour les papouilles et nos héros pensent à sauver leur peau d'une mission ultra dangereuse.

Par contre, concernant les personnages, je suis carrément devenu accro à Jesper, ce tireur d'élite qui passe son temps à penser au pognon. C'est comme s'il ne vivait que pour ça. L'argent encore et toujours. Il est aussi très drôle et n'hésite pas,lui, a dire ce qu'il pense tout haut. C'est celui qui semble le plus ouvert sentimentalement parce qu'il n'hésite pas à dire quand il a peur pour quelqu'un. Avec Wylan, le petit riche qui a fugué de chez un paternel très friqué, ils forment un duo atypique et troublant. Amour ? Amitié ? Qu'est-ce que l'auteur cherche à faire de nos personnages ? J'ai hâte de le savoir et j'espère vraiment qu'une romance verra le jour entre, parce que la duo qu'ils forment est très intéressantes avec ce contraste pauvre fermier accro à l'argent et riche héritier qui n'aime pas l'argent. Ils n'ont rien en commun si ce n'est le goût du risque !

Certaines séquences m'ont bien fait rire malgré la dangerosité des événements comme par exemple :

"Ils déshabillèrent deux gardiens et retirèrent leurs vêtements de prisonniers. Ensuite, ils ligotèrent les trois hommes qui respiraient encore et les bâillonnèrent. L'uniforme que Wylan enfila était bien trop grand pour lui, et celui de Jesper ridiculement court. Au moins les bottes leur allaient plus ou moins." p 432.
Ils peuvent aussi s'échanger les tenus. Non ? Autant pour moi, c'est l'auteur qui décide ! Pis du moment qu'ils n'attrapent pas d'ampoules avec les bottes, le reste c'est du détail !
 
Je craignais que l'auteur ne cherche aussi la facilité tout du long de son récit mais les rebondissements sont nombreux et finalement chaque personnage est un électron libre qui n'en fait qu'à sa tête avec pour seul but : s'en sortir. C'est palpitant à souhait et très bien écrit et finalement je comprends l'engouement dont il a été victime.  
J'aurais encore beaucoup de choses à dire concernant la mission en elle-même ultra périlleuse et bien pensé qui amène nos héros à se surpasser et à affronter une horde de soldat et de traître, ou encore sur la magie que possède les Grisha et les fabrikators, mais je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous même. Un coup de coeur pour un chouette roman de fantasy que oui, je recommande !

Les plus :
* Les héros tous différents et bourrés de vices.
* La plume de l'auteur très addictive 
* L'ambiance sombre et froide du roman où l'action sait se démarquer et apporter un peu de chaleur

    
 

mardi 20 septembre 2016

Kisasi de Aurore Perrault

Année d'édition : 2015
Edition : Griffe d'Encre éditions
Nombre de pages : 116 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
De nos jours, à l’est de la République Démocratique du Congo.
Les groupes armés qui occupent le pays depuis la fin du génocide au Rwanda utilisent toujours une terrible arme de guerre : les violences sexuelles sur les femmes et les filles.
Aïssata fait partie de ces victimes. La rage qui la porte a fait d’elle un bourreau pour ses anciens tortionnaires et son seul moteur est désormais la vengeance.
Charles, médecin français, dirige un dispensaire en pleine brousse et tente d’aider au mieux les victimes.
Entre magie et convictions morales, un équilibre est-il possible entre celle qui détruit et celui qui répare ?

Mon avis :


Charles est médecin. Mais pas n'importe où. Au Congo dans un dispensaire en pleine brousse où il tente de soigner les femmes et enfants blessés par les soldats du coin qui n'hésitent pas à leur faire les pires atrocités. Charles risque sa vie, comme ses collègues, mais il n'en a que faire tant cela lui semble primordiale d'aider les victimes. Lorsqu'Aïssata lui demande de l'aider, Charles accepte se rendant compte des risques énormes qu'il prend pour aider une femme que tous craignent. 

Ya des livres qui comme ça sortent un peu de nul part et vous attrapent à la gorge direct. Des bouquins que vous lisez d'une traite, peu importe le nombre de pages parce que jusqu'au bout vous n'êtes plus chez vous, mais dans le monde qu'on vous fait découvrir. Pendant une heure, j'étais au congo, en compagnie de Charles et Aïssata à tenter d'affronter des soldats violents et agressifs tout en protégeant les victimes collatérales de ce genre de guerre civile. 

Kisasi c'est une novella avec un thème fort. Il nous parle de ces femmes qui se font violer, torturer et tabasser par des soldats qui se pensent tout puissant. Inutile de se leurrer, on sait tous qu'il se passe énormément d'atrocités dans certains pays en guerre et l'auteur a voulu utiliser cette thématique très forte en y ajoutant un soupçon de fantastique qui sert à merveille l'histoire. 

Déjà la plume de l'auteur, je la valide à 100% ! On va droit à l'essentiel, les descriptions nous emmènent littéralement au congo et dans la misère de ces dispensaires qui sont là pour apporter un soutien non négligeable même si cela semble infime. Aurore Perrault possède une belle plume qui parvient à nous décrire des scènes horribles sans choquer et avec une certaine finesse. Ses personnages sont intenses et attachants et honnêtement j'ai autant apprécié Charles que Aïssata. J'ai aimé chacun de leur combat personnel et la magie qu'ils détiennent. 

Parce que oui, nous avons d'un côté le magicien des soins avec Charles qui tentent de guérir physiquement et psychologiquement ses patients. Charles souhaite les apaiser avant tout. Il sait qu'il est impuissant à réellement les protéger mais leur apporter un soin et un minimum de confort pour quelques heures c'est énormes pour lui. (il leur apporte aussi l'apaisement de l'esprit d'une manière étrange, que je vous invite à découvrir !). Aïssata c'est la guerrière, celle qui se venge et n'hésite pas à laisser des cadavres dans son sillage. Elle n'a aucune pitié pour les soldats qui lui ont tant pris plus tôt. C'est une véritable guerrière qui utilise un pouvoir dangereux pour arriver à ses fins. Leur alliance était improbable et pourtant, Charles et Aïssata forment un duo hors norme. 

Le plus gros reproche c'est que l'histoire est trop courte. J'aurais pu passer encore beaucoup de temps avec eux parce que j'étais captivée par cette histoire de sorcellerie et de guerre. C'est un gros coup de coeur, une claque incroyable que je me suis prise avec Kisasi. Nul doute que j'espère relire l'auteur un jour !

Les plus :
- l'univers qui nous semble hélas si familier
- les personnages très attachants et crédibles
- la plume de l'auteur qui captive !

Les moins : 
- C'est trop court !      

  

lundi 19 septembre 2016

La faim du loup de Stephen marche

Année d'édition : 2016
Edition : Acte Sud
Nombre de pages : 302
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Des chasseurs ont retrouvé son corps nu dans la neige. C'est ainsi que s'ouvre le roman de Stephen Marche, dont le dernier ouvrage a été qualifié par la New York Times Book Review de "mélange de genres le plus excitant depuis L'Atlas des nuages de David Mitchell." Le corps dans la neige, retrouvé dans un endroit retiré au nord du Canada, est celui de Ben Wylie, l'héritier d'une dynastie qui a constitué la deuxième fortune des Etats-Unis. Loin de là, à New York, Jamie Cabot, le fils des domestiques des Wylie, va tenter de comprendre comment Ben Wylie est mort, et pour quel terrible secret. Roman tout à la fois fitzgeraldien et lycanthropique, La Faim du loup mêle le roman familial à une subtile et glaçante métaphore de la bestialité du capitalisme.

Mon avis :

Un corps est retrouvé, complètement nu par des chasseurs. L'histoire aurait pu être anodine si la victime n'était pas Ben Wylie, deuxième fortune des Etats-Unis, riche héritier. Jamie, le fils des domestiques des Wylie veut comprendre et surtout découvrir l'identité du coupable. Le jeune homme qui rêve de devenir journaliste, voit là un bon moyen de réussir sa carrière.

La faim du loup avait tout pour me plaire. Une belle couverture. Une histoire intéressante et une plume agréable à lire. Le style de l'auteur se lit avec plaisir et nous fait voyager dans une histoire sombre où il est question d'argent, de pouvoir, mais surtout d'argent. Parce que pour le coup c'est un peu le moteur de l'intrigue et ce dont on parle le plus. Moi qui espérait un roman avec des loups-garous. Mais les loups-garous finalement... ne sont qu'un prétexte et ne serve absolument pas l'histoire. C'est juste une envie de l'auteur et je trouve dommage que cela ne soit pas davantage exploité.

Honnêtement, je me suis beaucoup ennuyée avec ce roman, que j'ai failli à plusieurs reprises reposés parce que tout ce que nous conte l'auteur n'avait à mon sens pas grand intérêt. J'espérais au moins que le personnage principal du roman, Jamie soit un minimum attirant et attachant et là encore j'ai été bien déçue de voir que le héros n'a rien de reluisant et n'hésite pas à faire tout ce qu'il faut pour devenir journaliste, espérant tirer profit du meurtre de Ben. Jamie un personnage que j'ai détesté qui vol, n'hésiterait pas à coucher pour réussir et avoir de nombreuses informations. L'appât de la célébrité et du gain est trop forte et tant pis si pour cela il doit révéler les secrets de la famille Wylie.

L'enquête avance lentement, trop lentement. On s'ennuie, ce n'est pas palpitant, on ne cesse d'en revenir à l'argent et au pouvoir. L'histoire de cet empire que les Wylie se sont bâtie n'a vraiment rien de très intéressant et on aurait, je pense, préféré découvrir comment ils sont devenus lycanthropes, voilà qui aurait été bien plus intéressant !

Alors vous pouvez apprécié de roman si vous aimez les histoires de vie, celle où on raconte la vie d'un homme de son enfance à ce qui l'a amené à devenir si riche. L'auteur fort heureusement conclu sur la mort de Ben, ne laissant pas le roman inachevé, mais pour ma part, je n'ai pas été séduite et je suis grandement restée sur ma faim...

Les plus :
* L'écriture

Les moins :
* Long.
* La lycanthropie n'est qu'à peine évoqué.
* Le personnage principal ou la dynastie des Wylie ont bien du mal à intriguer le lecteur présenté de cette façon.

 
 

dimanche 11 septembre 2016

La Louve et La Croix de S.A. Swann

Année d'édition : 2015
Edition : Milady
Nombre de pages : 478
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
An de grâce 1221.
Au coeur des sombres forêts des Carpates, frère Semyon von Kassel, chevalier de l'ordre de l'Hôpital Sainte-Marie-des-Allemands de Jérusalem, court comme s'il avait le diable aux trousses. Une bête monstrueuse, mi-homme mi-loup, a décimé ses compagnons.
Grâce à lui, l'Eglise va en faire une arme à son service : les Chevaliers Teutoniques recueillent et dressent clandestinement ces terrifiantes créatures pour terroriser les païns.
Or l'un de ces loups-garous, une fille nommée Lilly, réussit à s'échapper et trouve refuge auprès d'un jeune paysan qui fera tout pour la protéger des Templiers... mais aussi d'elle-même. Car la sauvagerie du meurtre est la seule vie de Lilly ait jamais connue et si le jeune homme ne parvient pas à percer les ténèbres de son âme, il sera sa prochaine victime...

Mon avis :

L'église garde un terrible secret. Elle est parvenue à utiliser des démons à des fins personnelles. Mais lorsque l'une de leurs armes parvient à s'enfuir laissant un tas de cadavres derrière elle, c'est Erhard qu'on appelle à la rescousse pour la retrouver. Mais voilà, Lily a trouvé refuge chez un groupe de paysan et l'un d'eux Udolf, n'est pas prêt à les laisser la capturer à nouveau...

La louve et la croix a été une lecture en demi-teinte. J'ai apprécié certaines choses, mais d'autres m'ont bien agacée me décevant en grande partie. La plume de l'auteur fut agréable du début à la fin. J'ai eu la sensation de revenir au XIII ème siècle. C'était vraiment très sympathique et tout m'a permis d'y être. Le vocabulaire choisi, les descriptions, les tenues et décors et surtout la religion très présente à cette époque là. Je partais donc avec un avis positif mais petit à petit, certains événements m'ont agacée.

Déjà, je me suis rendue compte que très vite les chapitres étaient courts et alternés trop souvent les différents personnages. On se retrouve donc une fois en compagnie de Lily et des paysans chez qui elle se cache, et une autre fois on est de l'autre côté, chez les chevaliers et religieux qui cherchent à tout prix à retrouver Lily. Et comme on s'en doute, les noms sont à rallonge tout comme les titres et bien vite, j'avais du mal à ne pas mélanger les personnages ennemis de Lily. En général, les changements de personnages et donc de points de vus ne me gènent absolument pas, au contraire, c'est censé apporté une touche de peps dans le récit. Seulement ici, ce ne fut pas le cas. 

Honnêtement, quand j'ai vu l'avalanche de bons avis et de bonnes notes sur ce roman, je m'attendais à un tonnerre de plaisir durant ma lecture. Quelque chose de savoureux et de très bien pensé. Ce que j'ai retenu après lecture c'est davantage la romance entre Udolf et Lily que la traque en elle-même d'une fille dangereuse, très dangereuse ! 

Une bonne partie du roman se repose sur la relation qui se crée entre Lily et Udolf. Une fille muette, un peu étrange et un jeune homme manchot et qui n'a rien d'un homme très séduisant.(c'est du moins l'image que j'ai de ce personnage). Seulement voilà, ça tourne vite à la mièvrerie, les personnages étant très prudes. Ca se câline par-ci par-là, d'accord, mais là c'était trop souvent et lorsqu'on a enfin certaines révélations, de voir que nos deux amoureux continuent envers et contre tous, non. C'était trop pour moi. J'aurais aimé une fin plus trash, plus dramatique surtout avec de telles révélations ! Comment Udolf peut-il accepté ? J'avoue être très sceptique face à ce final !

A côté de la romance trop pleine de guimauve, j'espérais un roman de fantasy plus mouvementé. En fantasy j'aime les combats, les créatures étranges et ici j'avoue n'avoir eu aucun de ces ingrédients-ci. J'ai donc passé une bonne partie à attendre que Lily se refasse capturer et qu'elle redevienne ce monstre qu'on décrit tant depuis le début. Je n'ai pas détesté ce roman. C'était une lecture sympa, mais honnêtement j'en attendais bien plus devant le lot d'éloges dont il a été victime à sa sortie. La lecture fut sympathique, mais c'est selon moi davantage une romance sous fond de fantasy qu'un roman de pur fantasy.

A lire pour :
- la plume de l'auteur
- la romance pour les amateurs d'histoires d'amour

A éviter si :
- vous attendez un roman de pure fantasy
- la romance qui pourrait vite vous agacer.






 
 

lundi 5 septembre 2016

L'été du cyclone de Beatriz Williams

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket
Nombre de pages : 368
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Étudiante en 1931, Lily accompagne son amie Budgie à un match de football, où elle fait la connaissance de Nick. Fous amoureux, les deux jeunes gens décident de se marier... Sept ans plus tard, en vacances dans le Rhodes Island, Lily retrouve Budgie, accompagnée de son jeune époux… Nick ! Douloureuses et pleines de questions, les retrouvailles sont bientôt bouleversées par l'arrivée menaçante d'un ouragan…


Mon avis :

Lily et Budgie sont inséparables depuis toute petite. Aussi Lorsque Budgie lui demande de l'accompagner à un match de football pour y rencontrer Graham la coqueluche du moment. Mais Lily n'a d'yeux que pour Nick. Un jeune homme qui va lui tomber sous son charme. Fou amoureux ils commencent une histoire passionnée où respect et honnêteté est de mise. Mais voilà six ans plus tard les choses ont bien changé. Budgie est de retour avec son époux, Nick à Rhode Island...

Voilà une nouvelle romance que j'ajoute sans conteste à mes favoris. Une romance captivante du début à la fin non seulement pour le milieu dans lequel elle se déroule (avec les prémices de la seconde guerre mondiale) mais aussi pour ses personnages attachants et très humains. J'ai eu un gros coup de coeur pour ce livre hyper addictif remplie de très bonnes choses où les apparences sont trompeuses et pourtant trop importantes dans cette société d'avant guerre. 

Ici le roman se passe en deux époques différentes. En 1932 époque où Lily et Budgie sont très proches et où chacune débute sa relation amoureuse et en 1938 époque où les choses ont bien changé puisque Budgie est désormais mariée à Nick l'ex petit-ami de Lily. L'auteur nous propose donc de découvrir ce qu'il a pu se passer en six ans pour amener Lily a devenir cette femme célibataire qui passe son temps avec sa jeune soeur de six ans Kiki et permettre à Budgie d'épouser l'homme que Lily aimait tant autrefois. A cette époque les femmes devaient bien se comporter pour maintenir leur réputation au top aussi si parfois on ne comprend pas Lily, il faut bien se mettre dans la tête que l'époque décrite n'est pas la même que la notre et les choses s'y passaient différemment surtout avec la peur d'Hitler qui est monté au pouvoir et qui se sent vis à vis de Nick, un juif. 

Lily est une jeune femme effacée et qui n'a pas du tout confiance en elle. En même temps, sa meilleure amie, Budgie est blonde, exubérante et n'a pas froid aux yeux. Les hommes l'adorent et n'ont en général d'yeux que pour elle. Alors lorsqu'elle fait la connaissance de Nick et qu'en plus Budgie lui dit qu'il ne l'intéresse pas du tout (en partie parce qu'il est juif) Lily tente sa chance et peu à peu se rapproche de celui qui sera son seul et unique amour tout au long de sa vie. Une jeune femme qui se sent inférieure aux autres et qui pourtant a des ambitions professionnelles. Elle refuse de ne devenir qu'une épouse, préférant de loin tenter sa chance dans le journalisme sauf que les choses ne vont pas se dérouler comme elle le voulait et très vite, Lily va devoir s'occuper de Kiki, sa petite soeur de six ans. Une enfant vive et intelligente, qui sait poser les bonnes questions quitte à embarrasser les adultes, elle s'en moque. J'ai adoré la fraîcheur de Kiki et le doute qui plane sur ses véritables origines. Soeur de Lily ? Fille de Lily ? Jusqu'au bout on sera dans le flou et si pour beaucoup la réponse est simple, les apparences ne sont pas forcément trompeuses concernant certains personnages. 

Déjà avec Kiki personnage très important malgré son jeune âge j'étais séduite. Lily m'a aussi beaucoup plu parce qu'elle réfléchit beaucoup mais elle se fait trop marcher sur les pieds par Budgie, la peste de service qui pense que tout lui est dû et que les autres sont forcément sous son charme. Budgie qui n'hésiterait pas à écraser ses amis pour s'élever socialement. Une peste, une vraie. Malgré tout, certaines révélations surprenantes vont nous faire changer d'avis la concernant et le final est tel qu'il nous laisse sans voix. Entre déceptions, guerre, cyclone balayant tout sur son passage, l'auteur ne nous laisse pas nous en sortir indemne, ni les personnages d'ailleurs. 

En bref, L'été du cyclone est une magnifique lecture. Addictive et rudement bien menée, elle est aussi parfois dramatique et triste à souhait. Mélangeant habilement la romance à l'historique, suivre nos héros est un réel plaisir et jusqu'au bout on attend l'épilogue qui conclue une magnifique romance. J'ai été autant séduite par le style de l'auteur que par les personnages et l'intrigue et son contexte historique où hélas il ne faisait pas bon d'être juif et de l'assumer surtout que de l'autre côté de l'océan la guerre était prête à éclater. 

A lire pour :
- la galerie de personnages
- le contexte historique 
- La romance : sublime !

A éviter si :
- vous n'aimez pas les romances dramatiques