mardi 22 mai 2018

Teigneux De Daniel Kraus

Année d'édition :  2018
Edition :  fleuve edition
Nombre de pages : 320
Public visé: Adulte 
Quatrième de couverture
Neuf ans se sont écoulés depuis cette nuit terrible au cours de laquelle Ry Burke, tout juste âgé de dix ans, a fui la fureur dévastatrice de son père. Il n'a dû sa survie qu'à ses jouets, les Trois Inommables : le réconfortant et malicieux Mister Oursington, le sage Jésus en plastique, et l'étrange et inquiétant Teigneux, qui lui ont transmis force et conseils.
Aujourd'hui l'heure est venue de quitter la ferme, et cette terre maudite de l'Iowa qui semble refuser de produire depuis que Marvin, le père tyrannique et maïtre des lieux, est en prison.
Les Burke sont enfin prêts à se libérer du passé. Mais leurs démons refusent de lâcher prise, et la pluie des météorites qui s'abat sur la région va les déchaîner.
Le matin du départ, Ry entend un fredonnement trop familier s'échapper de la cuisine. Marvin est de retour...


Mon avis :

Teigneux sur le site de l'éditeur

Plus jeune, je dévorais les romans de la collection pocket terreur. Peut-être est-ce pour cela que j'ai voulu lire Teigneux. Ce roman m'a plutôt rappelé cette collection même pendant ma lecture. C'est une histoire assez sombre et qui tombe peu à peu dans la folie de personnages dérangés et dangereux. On fait la connaissance d'une famille qui a vécu le pire et qui espère enfin prendre un nouveau départ.

Ry est un jeune homme fragile depuis la terrible nuit où son père a maltraité sa mère et qu'il a failli lui-même perdre la vie après une lutte acharnée contre son paternel. Parce que dans Teigneux il est question de la relation entre un père et ses enfants et de jusqu'où un enfant peut s'enfermer dans un milieu totalement imaginaire pour s'en sortir. C'est le cas de Ry qui va se créer un trio d'ami imaginaire inspiré de ces jouets préférés et qui vont l'aider à faire face à son père pendant son enfance. La question qu'on se pose du début à la fin c'est de savoir où s'arrête l'imagination du jeune homme. La frontière entre réel et irréel est faible, fragile et on ne sait pas vraiment la délimiter. 

J'ai aimé la plume de l'auteur et sa façon de faire des flashback pour nous aider à cerner chacun des personnages. Ils ont tous un rôle à jouer dans cette soirée cauchemardesque où tout va basculer malgré eux. Parce que oui Marvin revient après s'être sauvé de prison pour continuer ce qu'il a entrepris des années plus tôt avant que son fils et sa femme ne parviennent à lui faire face. L'image de ce père violent et dangereux est très bien retranscrite. On a là un homme égoïste, froid et qui n'a pas peur d'apprendre à ses enfants à quel point la vie est dure. Mais c'est surtout son épouse qui endure le plus, la pauvre, on a vite pitié de cette pauvre femme et on se demande comment elle parvient à supporter tout ça. Certaines séquences sont horribles, la maltraitance est là et s'impose et jusqu'à la fin, on sent notre pauvre Jo Beth qui s'enferme dans un rôle de soumise, cherchant par tous les moyens à satisfaire l'homme qui l'effraie le plus. 

Heureusement, Jo a deux enfants et ce sont eux, je pense, qui la maintienne en vie finalement. Même si Sarah est bien trop jeune pour vraiment s'imposer et tenter de dominer son père. C'est Ry qui le fera le premier et qui fera le maximum pour détruire son père et sauver sa famille. Si la première fois il avait beaucoup de courage, malheureusement il a été détruit intérieurement par cet affrontement. Et voilà que Ry est devenu un jeune homme étrange et perdu dans son propre monde. Les seuls qui compte pour lui ce sont ses amis : Mister Oursington, Jésus et Teigneux. Trois amis qui l'aident à s'en sortir. 

Ce roman est un huis clos puisqu'il ne se déroule que dans la ferme des Burke. Du début à la fin on assiste impuissant à la chute d'une famille qui semblait pourtant s'en sortir. Et ce n'est pas la pluie de météorites qui y changera quoi que ce soit. Une véritable descente aux enfers que ce roman et j'y ai passé un chouette moment ! Je recommande !




mardi 15 mai 2018

Mange tes morts de Jack Heath

Année d'édition :  2018
Edition :  Super 8
Nombre de pages :  400
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture
Cameron Hall, 14 ans. Disparu en rentrant de l’école ; rançon exigée. L’horloge tourne, la police est impuissante : c’est une mission pour Timothy Blake. Timothy (nom de code « le pendu ») a un don. Il lit dans l’esprit des gens. Comprend tout avant tout le monde. Résout les énigmes les plus ardues. Le genre à s’ennuyer avec un Rubik’s Cube ou à connaître votre numéro de sécurité sociale par cœur. Mais Timothy a aussi un problème. Pas le fait d’être pauvre, non. Pas le fait d’être affublé d’un coturne toxicomane et parano prénommé Johnson. Un vrai problème, un problème, disons, comportemental. Qui fait que même le FBI répugne à travailler avec lui. Une vie sauvée, une récompense : ainsi fonctionne Timothy. Mais cette fois, et malgré l’appui de l’agent spécial Reese Thistle, il se pourrait que notre sympathique génie psychopathe ait trouvé à qui parler.

Mon avis :

J'aime les thrillers. Surtout ceux qui sont différents et innovants. Ceux qui n'ont pas peur de proposer des personnages dangereux et intrigants. Mange tes morts fait partie de ces romans qui surprend du début à la fin et qui surtout nous permet de nous dire qu'il est tout à fait possible d'apporter du neuf dans le milieu des thriller. 

J'ai été conquise par ce roman du début à la fin et le classe sans souci dans ceux à relire avec plaisir. Timothy est un personnage charismatique et troublant. Qu'on ne peut classer et qui nous donne des frissons de par sa vie atypique. J'ai adoré le rencontrer et j'espère le retrouver dans une nouvelle aventure. Tim, alias le pendu, travaille avec FBI pour mener à bien des enquêtes parfois très complexes. Il possède une clairvoyance incroyable et parvient à penser et à voir au delà des apparences. Tim est doué d'une intelligence incroyable au point qu'il en fait un petit fond de commerce. Mais son plus grand secret est ailleurs. Tim a un problème psychologique qui datent depuis des années, depuis son enfance et il ne parvient pas à s'en défaire. Un secret qui pourrait l'emmener sur la chaise électrique et tellement odieux que personne n'est au courant. Personne sauf l'un des chef du FBI qui l'a découvert par hasard, mais qui désormais voit là un moyen radicale de boucler des enquêtes. 

Le thriller est assez classique au départ, avec une disparition et demande de rançon, mais peu à peu, on se rend compte que les enjeux sont différents et que quelque part, le criminel nous manipule. On fait fausse route dès le début, on se pause des questions et même notre héros va finir par comprendre qu'on cherche à le piéger. Il devient une carte à abattre et tout sera mis en oeuvre pour le mettre hors d'état de nuire en plus d'agir pour une action qui finalement n'est pas si mauvaise.

Manges tes morts est terriblement addictif en partie grâce à ce héros décalé qui vit à l'écart du monde à cause d'un trouble psychologique qui le rend dangereux. Il n'est pas beau, voir même décrit plutôt laid, ne prenant pas soin de son physique, un peu négligeant, mais Tim n'en à que faire. Il survit et aide le FBI parce que les gains sont nécessaires à sa survie.

Ne vous attendez pas à un thriller calme et lent. Mange tes morts est rempli de rebondissements, d'horreur et de morts. Nul n'est à l'abri d'un accident ou d'un tueur. C'est complètement le genre de roman qu'il me fallait lire, et je suis sous le charme de ce dernier. J'aimerais vraiment découvrir d'autres anti-héros comme lui qui ne fiche des autres et qui ne vit que dans le but d'assouvir une pulsion destructrice. 

Jusqu'à la fin on se pose des questions et on essaye de démêler ce nœud étrange où rien ne semble être ce que l'on pense. Je dois bien avouer que la romance légère, certes, que l'on découvre m'a beaucoup plu parce qu'elle même elle sort du lot. Comme l'intégralité du roman d'ailleurs. Et ce final auquel je ne m'attendais pas ! Fabuleux ! En un mot, je suis sortie complètement sous le charme du roman et je ne peux que vous recommander de vous jeter dessus ! Vous n'en sortirez pas indemne !


jeudi 3 mai 2018

Ecoute-nous de Liz Coley

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages :  352
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
En camp de vacances, Angie, 13 ans, disparaît... Elle revient chez elle, persuadée de s'être seulement égarée quelques heures. En réalité, trois ans se sont écoulés. Trois ans sans le moindre souvenir, si ce n'est de profondes cicatrices aux chevilles et aux poignets, et une étrange bague à l'annulaire. Tout laisse à penser qu'Angie a vécu l'enfer... Mais que s'est-il réellement passé ? Et pourquoi a-t-elle tout oublié ?








Mon avis :
Ecoute-nous sur le site de l'éditeur 

Depuis quelques temps, j'ai faim de thriller efficace et qui me malmène. Des livres qui me filent la chair de poule et qui me fond me poser un tas de question sur l'horreur qui nous entoure au quotidien. L'homme dans toute sa splendeur, dans toute sa dangerosité, pire qu'un animal, plus effrayant que le monstre qui se cache sous le lit. Avec Ecoute-nous, j'avais envie de rencontrer un sociopathe, un criminel dangereux et pourtant semblable à monsieur tout le monde. Mais j'espérais aussi un côté bien plus psychologique et j'y ai trouvé mon compte et tout ce que je recherchais. On peut donc dire qu'il s'agit là d'un bon livre qui vous fera passer un excellent moment. 

On suit donc Angie, 13 ans qui disparaît soudainement pendant un camp de vacances et qui revient chez elle trois ans plus tard sans aucun souvenir de ce qu'il lui est arrivé pendant ces longues années. Tous semblent inquiet face à sa perte de mémoire et il n'y a plus qu'une chose qui compte désormais, l'aider à se souvenir. Mais est-ce forcément une bonne chose quand la vie qu'on a quitté a disparu pour nous offrir à la place un grand vide ? Où est la place de cette enfant qui du jour au lendemain doit devenir une adolescente ? Si Angie parvient à s'en sortir c'est surtout grâce à ses autres elles, ses personnalités multiples qui l'ont aidé à tenir le coup face à l'innommable. 

Angie est une jeune fille qu'on pourrait qualifier de courageuse, mais en y regardant de plus près, elle s'est juste créée une porte de secours pour faire face aux événements violents dont elle est victime. Elle sera le tout d'un corps qui comporte plusieurs personnalités multiples et différentes et dont chacune à un rôle déterminant à jouer pour sa survie. Entre la Scout, Angel, l'Esseulée ou encore la petite femme, chacun garde un pans de sa mémoire pour ne pas l'affecter. Et lorsqu'elle commence enfin à y voir plus clair, la pauvre est bien en dessous de la vérité : victime elle l'a bien été, mais ce, depuis son plus jeune âge.

Le roman est assez dur, les sévices d'Angie sont multiples et j'avoue avoir à un moment donné été très en colère face à certaines révélations qui nous prennent au dépourvu parce qu'on ne s'y attendait pas. Angie est attachante et marquante, on se rend compte qu'elle a vécu l'enfer pendant trois ans, mais pas seulement. Son retour à la vie normale est difficile surtout face à ses proches qui ne manquent pas d'être maladroit avec elle. 

Ecoute-nous est un bon thriller qui m'aura convaincu. L'ambiance est assez stressante, les rebondissements sont nombreux et même si certains ne sont pas si inattendus que cela, on passe un moment intense en compagnie d'une jeune fille qui n'aurait jamais dû vivre cet enfer. Je recommande cette lecture pour la psychologie de l'héroïne !


lundi 23 avril 2018

Rouge toxic de Morgane Caussarieu

Année d'édition :  2018
Edition :  Editions ActuSF (Naos)
Nombre de pages :  352
Public visé :  Young Adult 
Quatrième de couverture
Je m’appelle Faruk, et pour subsister, il me faut boire votre sang.

Je vivais tranquillement ma non-vie dans les bas-fonds de San Francisco, quand ce type a débarqué pour me confier une mission difficile à refuser.

Me voilà sur les bancs de Mission High School, à suivre comme une ombre Barbie, une orpheline aussi intrigante que réfractaire à mes charmes. Et croyez?moi, survivre dans la jungle du lycée, ce n’est pas de tout repos, même pour un vampire. Surtout pour un vampire...

Mais d’elle ou de moi, qui sera le plus toxique ?

Nouveau roman plein de mordant de Morgane Caussarieu, spécialiste de la littérature vampirique, Rouge Toxic redonne tout son sens au mot frissonner.

Mon avis : 

Ce n'est un secret pour personne, je suis une grande admiratrice de Morgane. Une auteur fantastique très chaleureuse et qui a un talent de dingue. Je l'ai découvert avec Dans les veines, un roman qui m'avait captivé et que je recommande à tout le monde, tout le temps et partout. Puis est venu Je suis ton ombre, sa novella dans Black Mambo et son essai Vampires et Bayous. Ma rencontre avec Morgane aux Halliénnales deux fois m'a aussi marqué parce qu'elle est proche de ses lecteurs et possède une vraie cool attitude. Vous l'aurez compris, je suis une grande fan !

Quand j'ai appris la sortie de Rouge Toxic, je n'ai pas pu résister à vouloir lui aussi me le mettre sous la dent. C'est chose faite et je dois bien avouer qu'elle me réconcilie avec le "YA" un genre que je ne lis quasiment plu car ennuyeux au possible et avec généralement des personnes niais au possible.

Morgane brise les codes de la YA pour nous proposer un roman sombre dans son univers et qui colle parfaitement avec ses deux précédents romans vampiriques. Ici, les personnages ont tous une part d'horreur en eux. Horreur pour ce qu'ils font, pour ce qu'ils sont et ce qu'ils espèrent. Les Humains ne sont pas forcément les plus tendres, même si enfin, on renoue avec le mythe du vampire qui a bercé ma jeunesse, le véritable monstre assoiffé de sang et qui n'hésite pas à tuer pour se nourrir et n'attend pas de briller au soleil pour conquérir une jeune fille en fleur. (la gerbe)

Les vampires de Morgane ont quelque chose de fascinant mais aussi d'effrayant. On se damnerait pour qu'ils nous vident de notre sang, mais en même temps on ne voudrait pas qu'ils nous approchent. C'est en cela qu'ils sont attirants et féroces. Ils nous rendent contradictoires dans nos pensées, se jouent de nous, nous effrayent et nous séduisent en même temps. Le Vampire, le vrai ! Ajoutons à cela de la vraie magie vaudou, thématique très présente dans les romans de Morgane et on obtient un cocktail du feu de Dieu ! Dès le début, la sauce a pris, et très franchement je n'avais aucun doute sur mon état pendant ma lecture. 

Les codes du YA sont ici revu par Morgane. Adieu l'héroïne écervelée qui ne pensent qu'au beau garçon du lycée. Qui ne pensent qu'à rendre dingue ses parents et à sortir à tout va. Barbie est une solitaire qui n'a pas d'ami et ne cherche pas à s'en faire. Tout ce qu'elle demande c'est qu'on lui foute la paix et oui, on aura le classique rapprochement entre elle et le nouveau du lycée, Faruk, mais pour des raisons intelligentes. Parce que l'un est missionné pour surveiller l'autre. Les pimbêches sont tout de même présentes, comme toujours, Morgane s'en donnant à coeur joie avec les stéréotypés américanisés de certains personnages. On s'amuse du sort de certain(e)s, on demande plus de sang, plus de tripes, plus de joyeusetés macabres dans cette histoire intense. Et moi, qui fuit la YA sauf en de très rares occasions, je dois bien avoué que j'ai eu un coup de foudre pour Rouge Toxic. A classer dans les meilleurs romans YA ou vampiriques que j'ai lu jusqu'à présent.

Je ne vous parlerais pas du style de Morgane, parce que je ne serais plus objective, mais elle a l'art de vous embarquer illico dans un voyage intense et violent où l'horreur côtoies l'amour, ou la souffrance côtoies le plaisir et où chacun tente de tirer son épingle du jeu et de parvenir à ses fins. Barbara est une jeune femme comme je les aime, qui tente de s'en sortir, qui craque et fond en larme et panique lorsque les événements la terrorise. Elle est tout ce qu'il y a de plus humaine malgré un secret dangereux qu'elle cache au fond d'elle. Ses vampires, Faruk, par exemple sont emplis de haine et de désespoir. On sent l'âme torturée qui cherche une forme de rédemption mais ne parvient plus à toucher la lumière du pardon et finit inlassablement par fauter, malgré lui. 

J'ai aimé les personnages, j'ai aimé le monde caricaturé de Morgane qui finit par envoyer valdinguer tout ça pour un séjour initiatique où notre héroïne apprend à se découvrir et à comprendre quelle vie elle va mener. Un roman où parfois l'amour n'est que surface et où on se donne à 100% pour l'autre pourvu qu'on soit récompensé à la fin. Le voyage que nous propose l'auteur en Amérique et en Nouvelle Orléans est plaisant, surtout que la seconde destination est la plus intéressante, région chère au coeur de l'auteur puisque présente dans pas mal de ses romans.

J'avais promis de ne plus faire de chroniques qui s'étalent, mais là chose impossible. J'ai tellement aimé ce bouquin, j'ai tellement vibré avec les héros et avec Màma qu'il me fallait vous en parler pour à votre tour vous donner envie de vous jeter dessus. Nul doute que Chéloïdes ne tardera pas à devenir ma prochaine victime !


dimanche 15 avril 2018

les limbes d'Oliver Bal

Année d'édition :  2018 
Edition :  de saxus
Nombre de pages :  403
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
Vietnam, 1970. James Hawkins est une jeune recrue. Durant un assaut, il prend une balle dans la tête et croit mourir. Après un mois de coma, et tandis qu’il essaie de se rétablir dans un hôpital de Saigon, il découvre que quelque chose s’est éveillé en lui. Ses nuits deviennent des épreuves, son sommeil et ses rêves ne lui appartiennent plus. Désormais, lorsqu’il dort, il visite les songes des autres… Seuls les médicaments l’empêchent de rêver. Un an plus tard, un ancien frère d’armes, Nate Irving, vient frapper à sa porte. Il est venu le chercher pour participer à un projet secret : les Limbes. Direction une base perdue au fin fond de l’Alaska pour une aventure aux frontières de la peur et de la folie, une aventure qui les entraînera au cœur des rêves pour percer le mystère des Limbes. « Nous sommes des pionniers, des aventuriers d’un genre nouveau. Le rêve, c’est la dernière frontière. L’homme a conquis la mer, la terre, l’espace… et maintenant, enfin, il conquiert son propre esprit. Il lui aura fallu des milliers d’années pour comprendre que les plus grands mystères ne se cachaient pas dans les profondeurs des océans, ou aux confins de l’univers mais bien au cœur de son être. »

Mon avis :

Découvrir une nouvelle maison d'édition est toujours quitte ou double. Soit on démarre avec une chouette lecture et on a envie de poursuivre la découverte soit on est d'emblée déçue et on arrête les frais. Les Limbes aura été une bonne lecture, une très bonne lecture même. La thématique m'a complètement conquise; Mais pas que.

Déjà, j'ai senti une profonde maturité dans le style de l'auteur. On sent qu'il connait le sujet de la guerre du vietnam et qu'il a su assez s'en documenter pour nous vendre une histoire sur un fond très réaliste malgré l'essence complètement surnaturelle. C'est une grande force pour l'auteur que d'avoir su mêler réalité et songes et de proposer une histoire plutôt sombre.

On entre très tôt dans le vif du sujet en plein combat pendant la guerre du vietnam où notre héros finit par se prendre une balle en pleine tête et miraculeusement en réchappe. Mais voilà que pendant sa rémission, il découvre que toutes les nuits, il fait la connaissance d'autres soldats qui comme lui sont à l'hôpital essayant de se remettre de blessures plus ou moins graves. 

James va très vite en avoir assez de ces visites intempestives qu'il fait à d'autres personnes et tout faire pour ne plus rêver. Mais forcément, un tel pouvoir, une telle capacité va intéresser d'autres personnes qui vont le récupérer et l'emmener dans une base secrète en Alaska pour mener de nombreuses expériences afin de tirer profit de son don.

L'intrigue est assez sombre puisque sur toile de fond on a une guerre violente et meurtrière et des soldats qui en reviennent meurtri et physiquement et psychologiquement. Les rêves sont aussi très sombres et obscures et parfois même glauques,  et on apprécie malgré nous la possibilité d'entrer dans le subconscient des autres pour tenter de modifier le cours des choses. 

On a là un véritable mélange des genres. Fantastique, thriller, un peu scientifique et mythologique sur la façon dont l'auteur amène des informations sur les rêves dans les différentes cultures, personnellement je me suis régalée avec les Limbes et j'ai beaucoup aimé le chemin pris par l'intrigue en cours de route pour nous plonger complètement dans un rêve éveillé. Voilà une maison d'édition prometteuse si elle propose d'autres romans aussi bons !

jeudi 12 avril 2018

Brutale de Jacques-Olivier Bosco

Année d'édition : 2018
Edition :  pocket
Nombre de pages : 423
Public visé: Adulte 
Quatrième de couverture : 
Elle est jeune. Elle est belle. Elle est flic. Elle est brutale.
Des jeunes vierges vidées de leur sang sont retrouvées abandonnées dans des lieux déserts, comme dans les films d'horreur. Les responsables ? Des cinglés opérant entre la Tchétchénie, la Belgique et la France. Les mêmes qui, un soir, mitraillent à l'arme lourde un peloton de gendarmerie au sud de Paris.

Que veulent-ils ? Qui est cet « Ultime » qui les terrorise et à qui ils obéissent ?

Face à cette barbarie, il faut un monstre. Lise Lartéguy en est un. Le jour, elle est flic au Bastion, aux Batignolles, le nouveau QG de la PJ parisienne. La nuit, un terrible secret la transforme en bête sauvage. Lise, qui peut être si douce et aimante, sait que seul le Mal peut combattre le Mal, quitte à en souffrir, et à faire souffrir sa famille.

Mon avis :

Brutale sur le site de l'éditeur 

Brutale, c'est un peu le genre de roman qu'on lit d'une traite parce qu'on est captivée par la psychologie de son personnage principal. Lise est un peu une Dexter au féminin. Forte, courageuse et surtout coriace, elle est du genre à ne jamais abandonner ses idées et suit toujours son instinct.

Dès les premières pages, j'ai compris que Lise allait me plaire et que la lecture serait intensive. Je ne m'étais pas trompée. On est face à un thriller qui sait se différencier des autres en partie grâce à une héroïne atypique et qui n'a pas froid aux yeux. Agressive, violente, n'acceptant pas l'autorité, elle m'a un peu fait pensé à Carrie de Homeland avec cette façon bien à elle de mener à bien ses enquêtes et mission, défiant l'autorité sans gêne. 

Son enquête va l'amener à rencontrer des personnages tout aussi atypiques comme le cramé dont j'ai découvert qu'un one shot lui était dédié. Je pense très vite l'acquérir pour en savoir plus sur ce personnage énigmatique.

L'auteur se joue des ficelles classiques du thriller pour amener son héroïne dans un monde toujours plus violent et dangereux. Le style de l'auteur a également donné un côté très visuel à ce roman lors de scènes d'actions qui n'ont rien à envier à notre cher Jason Statham. C'est rapide, violent, mouvementé et on ne s'ennuie pas un seul instant.

Si Lise est atypique, on ne peut cependant nier qu'elle aime sa famille. Son frère, sa nièce, son oncle ou sa belle-soeur, autant de personnages qui parviennent à faire qu'elle reste encore un peu humaine malgré son double elle qui ne s'enrichit que de souffrances et de tortures. Car Lise est une véritable écorchée qui ne parvient à trouver la paix que lorsqu'elle inflige des tortures à ceux qui le méritent. L'adrénaline est sa seconde drogue, son carburant, et lorsqu'elle s'ennuie, c'est là où il faut faire attention !

En bref, un très bon roman, captivant et bien mené. On se régale du duo Lise/Le Cramé et j'espère vivement pouvoir les retrouver tous les deux !

lundi 2 avril 2018

Balancé dans les cordes de Jérémie Guez

Année d'édition :  2018
Edition :  j'ai lu
Nombre de pages :  190
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 

Tony est un jeune boxeur; garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l'écart des trafics qui rythment la vie de sa cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous. Tout dérape lorsque l'un d'entre eux la bat et l'envoie à l'hôpital. Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance. Mais dans ce milieu, rien n'est jamais gratuit. La faveur demandée à un prix, celui du sang. Tony, qui doit payer sa dette, entame alors une longue descente aux enfers...





Mon avis :

Balancé dans les cordes a tout du roman sombre et où rien ne va jamais. Un anti-héros au possible, un univers où la délinquance règne et où la loi du plus fort est de mise. Tony est un personnage attachant qui tente de s'en sortir. Boxeur et droit dans ses baskets, il doit accepter de vivre avec une mère qui utilise son propre corps comme un bien et il ne dit rien face au va et vient des différents hommes qui partagent le lit de sa mère. Alors que son oncle l'aide à gravir les échelons d'une carrière professionnelle dans la boxe, Tony va devoir tout mettre de côté pour protéger les siens. 

La drogue, la violence, la vengeance... autant de thématique très fortes qui vont tournoyer autour de notre héros qui va devoir se salir les mains pour s'en sortir. C'est un jeune homme fort et courageux qui s'il courbait l'échine dans le passé n'a plus peur de s'imposer face aux autres.

Un Paris triste, pauvre, où se faire du mal est nécessaire pour se sentir encore vivant. Un Paris où la drogue et les jeunes font leur loi sans se soucier des forces de l'ordre ou de ce que les gens vont penser. 

Heureusement dans toutes cette noirceur, on a quelques lueurs d'espoirs avec des personnages qui vont tenir des rôles clefs dans l'évolution de Tony et l'empêcher de commettre l'irréparable. Venger sa mère devient une nécessité et lorsque son oncle aussi est impacté, Tony ne peut plus faire l'aveugle. Il va se battre comme jamais, la rage au ventre et une envie irrépressible de faire du mal à ceux qui le méritent.

J'ai beaucoup aimé la rage que l'on ressent en lisant l'histoire de Tony. L'auteur ne déçoit pas et offre quelque chose de brute, d'intense et de tellement plausible. Une histoire comme il en existe certainement où la chute est souvent dangereuses et violentes non sans conséquences. Balancé dans les cordes est un roman qui prend aux tripes et qu'on regrette très vite d'avoir déjà terminé.

Voilà un roman qui m'aura plu du début à la fin et malgré son peu de pages, l'aventure est intense !

lundi 19 mars 2018

Troupe 52 de Nick Cutter

Année d'édition: 2018
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 506
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d'adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu'une bonne histoire de fantômes et le crépitement d'un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu'un individu émacié, qui semble tout droit sorti d'un film d'horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L'homme n'a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n'en ont jamais vu... et dangereux avec ça. Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes. A mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d'angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Mon avis :

Dès sa sortie, Troupe 52 m'avait fait de l’œil. Forcément sa thématique et le fait qu'il soit classé en "thriller et horreur", je ne pouvais pas passer à côté. Fort de son succès, il finit par sortir en poche et me voilà à me jeter dessus hâte de voir si j'aurais le même ressenti que les autres. Si j'ai passé un excellent moment, la frayeur n'était pourtant pas au rendez vous. Il faut dire qu'il en faut beaucoup pour me foutre la frousse, tellement même qu'à ce jour, aucun roman ou film ne m'aura fait faire de cauchemars ou de bonds.

Troupe 52 c'est une histoire d'horreur très bien amené et dosé. Tout y est crescendo et les protagonistes font qu'on trouve ça encore plus dingue et malsain. Ce ne sont après tout que des gamins, des adolescents qui n'ont rien à penser si ce n'est profiter de la vie et grandir chaque jour un peu plus. Et voilà que pendant leur séance de camping ils font face à l'horreur, à une monstruosité qui les bouffe de l'intérieur et les rend fou et violent. Une faim incroyable de tout détruire, de tout dévorer, vivant ou mort... Le séjour prend une tournure inattendue et les voilà confronter enfin à la véritable terreur.

Malgré tout, nos adolescents sont plein de ressources et font face à ce chaos avec courage et bon sens. Ils parviennent à nous surprendre, à tenter de survivre, seul abandonné des adultes qui auraient pu les sauver. Même le chef scout Tim est incapable de leur venir en aide et c'est face à l'inconnu qu'ils vont devoir trouver des ressources cachés pour montrer de quoi ils sont fait.

La tension est toutefois très présente et jusqu'à la fin on se demande comment cela va se terminer. Nos héros sont quelquefois stupides, loin d'être de super héros, mais ils sont encore jeunes et n'ont jamais été confronté à une telle survie. Il leur faudra se cacher, se méfier et faire attention où ils vont. L'idée de l'ennemi du roman, ce truc innommable et bien dégueulasse m'a beaucoup plu parce qu'il fallait y penser à ce truc qu'on connait tous de loin et qui pourtant nous pourrit la vie si on est contaminé. 

On s'attache à tous les personnages, les tordus comme les moins tordus, les violents comme les calmes, chacun apportant quelque chose de personnel et qui lui est propre. Il ne faut jamais oublier que ce sont des enfants qui n'ont pas demandé à être là. Certains vont vous écœurer ou vous mettre en colère, c'est le but, il me semble. Sortir de notre confort en même temps que nos jeunes héros pour mieux comprendre leur état d'esprit et certaines de leurs actions.

Me concernant, j'ai passé un très bon moment de lecture et il devient rare de retrouver des romans d'horreur de ce genre de nos jours, c'est bien dommage !


mardi 13 mars 2018

J'ai toujours aimé la nuit de Patrick Chamoiseau

Année d'édition : 2018
Edition :  Sonatine 
Nombre de pages : 326
Public visé[ : Adulte 
Quatrième de couverture : 
Un commandant de police enfermé seul avec un tueur.
La scène pourrait paraître banale.
Elle l’est déjà un peu moins lorsqu’on sait que c’est la dernière nuit de service actif du policier et que, pour la première fois de sa longue et monotone carrière, il se retrouve enfin face à ce dont il a toujours rêvé : un tueur en série inconnu des forces de l’ordre.
Sauf que cette fois, dans cette maison isolée, c’est le tueur qui tient l’arme qu’il pointe depuis des heures sur le policier.
Des heures que l’officier écoute et essaye de graver dans sa mémoire l’incroyable confession de celui qui se surnomme « l’archange de la mort » et qui lui raconte dans le détail son « œuvre » : dix années de crimes impunis.
Comment le flic en est-il arrivé là ? Comment une simple altercation au début de la soirée l’a-til mis sur la piste du tueur ? Et quelles sont ses chances de s’en sortir ?


Mon avis :

J'ai toujours adoré la nuit est un roman sombre sur le destin de deux hommes différents et que le hasard a mis sur le chemin l'un de l'autre. Hasard ou concours de circonstances, pour l'un ou pour l'autre cela revient finalement au même. J'avoue avoir eu quelques difficultés parfois avec le langage d'Hyperion puisqu'il est martiniquais et donc adopte le dialecte de là bas. L'accent est mis en avant à chacune de ses interventions, et si au départ cela peut nous troubler, on finit par ne plus y faire attention du tout.

J'ai toujours aimé la nuit raconte l'échange entre Hypérion et Eloi. L'un est un tueur, l'autre un policier. L'un est libre, l'autre est attaché et ne peut qu'écouter l'histoire de son bourreau. Malgré l'ambiance assez pesante, je me suis sentie vite captivée par l'aventure d' Hypérion.

Tout repose donc sur un huit clos où l'un raconte son histoire et comment il en est arrivé à devenir un tueur. Hypérion nous détaille sa vie, son enfance, la mamma, celle sur qui tout reposait pour lui plus jeune. Une martinique dépeinte avec réalisme loin de ce paradis qu'on évoque cachant que là bas comme ici, certains recoins sont tristes et dangereux. Hypérion est fascinant, le mot étant encore faible. Tueur, non vivant car mort de l'intérieur, il explique, extériorise des années de tueries à ce commandant qu'il tient en otage.

Eloi finit par lui aussi éprouver le besoin de faire le point sur son histoire, la fin est proche, il ne sortira pas indemne de ce face à face obscur. Mais ce duo improbable n'est-il finalement pas lié par quelque chose de profond ? Un désir de retrouver un peu d'humanité sur terre ?

Voilà un roman noir et déroutant qui m'aura beaucoup fasciné !


mardi 20 février 2018

Je sais pas de Barbara Abel

Année d'édition :  2017
Edition :  pocket
Nombre de pages : 304
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Une belle journée de sortie des classes qui vire au cauchemar. Une enfant de cinq ans a disparu. Que s’est-il passé dans la forêt ? À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme. Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon ?









Mon avis :

Barbara Abel est une auteur que je découvre avec ce titre. Titre énigmatique et couverture aguicheuse, me voilà parée à percer le mystère qui plane autour d'Emma, enfant solitaire et atypique qui analyse très bien ce qu'il se passe autour d'elle. 

Très vite, on se retrouve à découvrir le milieu familial d'Emma. Sa mère et ses secrets, son père et son absence. Emma enfant colérique et fâchée qui apprécie que tout tourne autour d'elle? Mais les enfants peuvent-ils être machiavélique et foncièrement mauvais au point d'être de véritables petits génies de la manipulation ? C'est ce que l'on va tenter de découvrir dans Je sais pas. 

Dans l'ensemble, j'ai passé un très bon moment malgré quelques petits détails ça et là qui m'ont chagriné. L'histoire de la maladie un peu trop poussif concernant Mylène, l'institutrice qui peine à canaliser Emma. Jeune femme qui se retrouvera prise au piège d'une histoire qui la dépasse et dont elle n'est finalement qu'un simple pion. Mylène et son tempérament de feu face à un père totalement fou de sa fille qui n'hésite pas à la laisser lui marcher sur les pieds et à lui parler comme à un enfant qu'elle méprise. Une relation un peu troublante entre Mylène et son paternel, suffocante et virulente. 

Parfois sceptique face aux réactions de Mylène et d'Emma, j'ai fini par me laisser prendre au jeu du chat et de la souris où la souris n'est pas celle que l'on croit et où elle est capable de s'attaquer à bien plus grand qu'elle. Jeu dangereux qui amène une certaine urgence pour le lecteur qui sait combien des vies sont en suspens tout ça pour les caprices d'une enfant malveillante.

Mais peut-on vraiment parler de malveillance concernant une enfant de tout juste cinq ans ? Sont-ils vraiment capables d'éprouver suffisamment de haine envers autrui pour mener à bien un plan en vue de l'écarter pour toujours de sa vie ? Question intéressante qu'on ne cesse de se poser durant la lecture.

Malgré une thématique intéressante sur le côté obscur de certains enfants, je dois bien admettre que même les adultes ne s'en tirent pas à bon compte. Ils ont tous une tare, un défaut pour nous les rendre désagréable de sorte qu'on n'ai pas envie de les voir réussir à démêler le vrai du faux. Mylène et son tempérament de feu, son père qui ne cherche qu'à profiter des femmes délaissées, Emma qui veut que tout tourne autour d'elle. Ne parlons même pas des parents de la fillette, l'un absent et trop sur de lui et l'autre prête à tout pour s'abandonner dans les bras de son amant et complètement manipulé par sa propre fille.

L'intrigue avance lentement, les preuves sont là, évidentes, mais on se voile la face, n'acceptant pas l'idée qu'un enfant soit aussi diabolique. Et c'est bien ça qui m'aura le plus plu : qu'un thriller soit mené par une enfant de cinq ans et non par des adultes.

Voilà un thriller sympathique pour sa thématique mais dont les personnages auraient gagné à voir leur défaut moins exagéré.

dimanche 4 février 2018

Niveau 0 d'Anne Feugnet

Année d'édition :  2017
Edition :  Rebelle
Nombre de pages :  349
Public visé :  Young Adult 
Quatrième de couverture : 
2349, Paris. Korg 12 est né d’une matrice artificielle, adulte et sans mémoire. Comme les 150 hommes du niveau zéro, il obéit au maître des travaux et pédale de son mieux pour produire l’électricité utile à ceux de la surface. Seul Norman refuse de gagner son ascension. Poussé par Korg 12 qui cherche à comprendre, l’homme lui révèle d’inquiétantes informations. Ensemble, ils parviennent à s’enfuir. C’est pourtant le début d’un nouveau cauchemar où survivre s’avère une bataille de chaque instant…






Mon avis :

Il y a des romans avec lequel on a plus de mal. Des romans qui proposent une intrigue originale, mais où on ne se sent pas à l'aise et on peine à apprécier ce que l'on lit pour un tas de raison. Niveau 0 fait partie de ces romans. J'avais bien hâte de le découvrir tant la couverture et le spitch de départ m'intriguait, mais hélas, j'avoue avoir mis du temps à le lire et ne pas l'avoir savouré autant qu'il le méritait. C'est un loupé me concernant, mais j'ai pu voir ça et là des avis très différents du mien avec des lecteurs qui ont su apprécier ce roman.

J'avais déjà un peu eu du mal avec le chemin à l'envers et une fois de plus même si le boulot de l'auteur est énorme et que les deux romans n'ont rien à voir, je n'ai pas su être séduite. 

Dans Niveau 0 on fait la connaissance d'un groupe de personnages troublants, semblables à des robots ou des clones parce qu'ils ne semblent pas avoir de réelles personnalités. Tous sauf Norman et Korg 12 qui tentent de découvrir ce qu'il se passe à la surface et pourquoi ils leur faut mériter d'y accéder. En attendant, ils sont tous parqué dans un étrange complexe souterrain et se doivent de travailler dur pour ceux d'en haut en leur fournissant l'énergie qu'ils ont besoin via des vélos. 

Si au départ Korg 12 ne semble pas très intéressé par le pourquoi de son sort, grâce à Norman, il va se réveiller et ne plus accepter son rôle de pantin qui ne sert que ceux de la surface. Les révélations vont alors terminer de le convaincre de prendre la fuite pour un monde peut-être meilleur.

En fait, je pense qu'en lisant niveau 0 j'avais en tête un épisode particulier de la superbe série Black Mirror où justement, des hommes et femmes sont maintenus dans un complexe et doivent pédaler sur des vélos pour accumuler des points pour obtenir leur ascension sociale. Un peu comme dans le roman où plus on pédale, plus vite on pourra aller à la surface avec les autres. Du coup, forcément, j'y ai vu là un gros clin d'oeil à l'épisode de Black Mirror. 

La seconde chose qui m'a un peu dérangé et empêché d'apprécier comme il se doit le roman c'est le fait que les personnages manquent de piquant et de personnalité. Ils sont tous un peu sur le même moule, très passif, j'ai eu la sensation de découvrir des robots qu'on a programmé à agir sans qu'ils aient à se poser des questions et acceptent leur condition sans rechigner

Les thématiques sont pourtant très intéressantes sur le conditionnement humain, sur le futur et la maladie, sur le fait d'accepter son sort sans tenter de le changer et de ne jamais se poser de questions sur ce que certains nous imposent. Certaines révélations sont bouleversantes et bien amenés. Nul doute que niveau 0 trouveront ses lecteurs et sans cette absence d'empathie pour les personnages, je pense que j'aurais vraiment pu apprécier ma lecture.


dimanche 28 janvier 2018

Entre deux mondes d'Olivier Norek


Année d'édition : 2017

Edition : Michel Lafon
Nombre de pages : 409
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l'attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir. 
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu'il découvre, en revanche, c'est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n'ose mettre les pieds. 
Un assassin va profiter de cette situation. 
Dès le premier crime, Adam décide d'intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou. 



Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu'elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d'ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Mon avis :

Encore un auteur que je découvre, tandis qu'il a déjà su charmer bon nombre de lecteurs. Mais voilà, il me faut toujours le temps de me poser et de me lancer. Cette fois-ci la thématique m'intéressait énormément habitant pas loin de Calais. J'ai été complètement prise par cette histoire bouleversante et tellement réaliste. Point de véritable tueur en série dans ce roman mais une véritable quête de vengeance et une chasse à l'homme à l'échelle humaine.

L'ambiance y est pesante, normal au vue de la situation et du lieu où se déroulent les événements. Adam cherche sa famille qu'il a envoyé au camp de Calais pour les protéger du gouvernement syrien qui tôt ou tard découvrirait qui il est réellement. L'immersion est totale dans ce lieu triste et pauvre où chacun tente de survivre comme il le peut, au détriment des autres. La violence est omniprésente, le désespoir aussi et on en vient presque à pardonner certains crimes parce qu'ils sont nécessaire.

Entre deux mondes c'est la triste histoire de la réalité, notre réalité et celle de tous ces migrants qui cherchent à atteindre leur eldorado : l'Angleterre. Des Hommes que la guerre n'a pas su épargner et qui espèrent tant pourvoir reconstruire ailleurs une vie meilleure, pour eux mais aussi pour leur famille. Adam est de ceux-là et jusqu'au bout il ne perdra pas espoir de retrouver les siens en sécurité. Mais il ne s'attendait pas à vivre dans un milieu aussi hostile et à prendre sous son aile un jeune garçon que la vie n'a jamais épargné.

Parce que dans ce roman il y a Kilani. Un enfant bouleversant qui a déjà assez subi l'horreur de l'humanité et qui n'en peut plus. Un enfant à qui l'innocence a été déchiré, détruite et éparpillé au fil de son histoire et de son parcours. Qu'est-ce que j'ai pu ressentir de la peine pour ce jeune garçon qui finalement se trouve souvent au mauvais endroit au mauvais moment. Et lorsqu'il entre dans la vie d'Adam, on espère enfin que la clémence sera de mise pour cet être déjà si détruit.

Olivier Norek démontre un talent certain pour dépeindre une situation horrible sans en faire trop. Je sais que la jungle de Calais est un No man's land où la loi du plus fort est de mise pour s'en sortir. La faute à qui ? Certainement pas celle de ces hommes qui n'ont jamais demandé à être parqué de la sorte comme du bétail. Leur vie n'est plus que survie jusqu'à ce qu'ils puissent toucher du bout du doigt cette terre promise qui les fait tant rêver.

J'ai adoré l'humanité que l'auteur parvient à instaurer malgré tout avec le lieutenant Bastien qui découvre enfin Calais et sa jungle si tristement célèbre. Il va tenter jusqu'au bout de garder sa droiture pour venir en aide au plus démuni, mettant sa carrière en jeu, sans regret.

Vous l'aurez compris, Entre deux mondes est un roman sublime et magistral. J'ai pris une belle claque en le découvrant et il entre sans conteste dans mon top de cette année. Une pépite à découvrir absolument.




lundi 22 janvier 2018

La fille dans le retroviseur de Linwood Barclay


Année d'édition : 2017

Edition : J'ai lu 

Nombre de pages : 576 pages

Public visé : Adulte

Quatrième de couverture : 
Etat de New York, près de la frontière canadienne. Cal Weaver, ex-flic, prend en stop Claire Sanders, la fille du maire. Elle lui demande de s'arrêter à un bar car elle ne se sent pas bien. Mais la jeune fille qui revient n'est pas Claire, qui a disparu. Parmi des jeunes filles qui se volatilisent, un homme enfermé dans une cave et des flics ripoux, Cal Weaver doit trouver la vérité.



Mon avis :

Je n'avais encore jamais découvert cette auteur et pourtant ce n'était pas l'envie qui m'en manquait au vu de ses nombreux romans publiés. Le pas franchi, je dois bien admettre que j'ai passé un chouette moment de lecture avec la fille dans le rétroviseur.

On fait la connaissance d'un ancien flic qui très vite se rend compte qu'il a été berné par des adolescentes et si au départ il ne semble pas très vexé, il finit par se rentre compte qu'il devient le suspect numéro 1 dans la disparition de l'une d'elle. Ce thriller assez efficace, nous glisse dans la peau d'un ancien flic qui va enquêter seul, dans son coin pour trouver des réponses et surtout pour retrouver la jeune fille qu'il a pris en stop un soir. 

L'ambiance du roman se veut assez sombre et oppressante et chaque citoyen de la ville semble cacher un ou plusieurs secrets. Deux histoires s'entremêlent justement via la disparition de Claire. Entre la jeune fille disparue et la mort troublante du flic, on avance à petit pas dans une enquête complexe où les apparences sont encore une fois des plus trompeuses. Quand son fils a été retrouvé mort Cal a un peu perdu pied. Il n'a jamais cessé de chercher l'identité de celui qui lui a payé de la drogue, ce qui lui fut fatal. Aussi, lorsqu'il devient le principal suspect de la disparition de la fille du maire,il n'hésite pas à se lancer dans une quête qu'il sait peut-être bien trop dangereuse pour lui. 

Secret de famille révélé, chasse à l'homme, tentative de meurtre, tout s'enchaîne autour de Cal jusqu'à ce qu'il découvre le pot au rose. Autant dire que je n'ai rien vu arriver avant un long moment, malgré les quelques éléments glissé ça et là par l'auteur et par ces séquences très énigmatiques.

La fille dans le rétroviseur est un thriller qui fonctionne bien. On aura lu bien mieux, mais pour passer un bon moment et tenter de trouver le fin mot de l'histoire il est très bon. Les personnages sont nombreux et évoluent tous avec notre flic pour acheminer une histoire des plus sombres.

Lecture très sympathique.

dimanche 3 décembre 2017

Black Coffee de Sophie Loubière


Année d'édition : 2016

Edition : pocket
Nombre de pages : 601
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
Juillet 1966. Dans la petite ville perdue de Narcissa, Oklahoma, une maison isolée en bordure de la mythique route 66 est la cible d’un tueur sanguinaire. Une femme enceinte et une fillette sont assassinées, une mère et son fils Desmond grièvement blessés. Le jeune garçon va grandir à l’ombre de ce dossier jamais élucidé par la police, hanté par la figure du tueur, sous le regard d’une mère psychologiquement détruite et à des milliers de kilomètres d’un père absent le jour du drame, et qui n’a eu de cesse de raviver la culpabilité de son fils. Si seulement tu n’avais pas attaché le chien…

2011. Devenu journaliste puis professeur de criminologie à l’université, Desmond G. Blur décide de quitter Chicago pour s’installer en Arizona dans la maison de son père décédé. Une ultime tentative du fils pour se rapprocher de son père et s'en faire pardonner, sans savoir que celui-ci, d’outre-tombe, l’a peut-être mis sur la voie de la réconciliation avec leur passé. Car l’arrivée dans le secteur d’une femme vient bientôt réveiller les démons passés de Desmond : Lola, une femme au comportement étrange qui voyage seule avec ses deux enfants, visitant des villes fantômes. Une Française dont Desmond découvre vite que, sous couvert de jouer les touristes, elle recherche son mari littéralement volatilisé trois ans plus tôt sur la route 66. Ce dernier lui aurait fait parvenir un cahier, seul indice de la piste à suivre. Un cahier contenant un récit qui, s’il n’est pas l’œuvre d’un mythomane, est la preuve de l’existence d’un des plus ahurissant criminel que l’histoire des Etats-Unis ait connu… et dont le chemin sanglant traversait déjà la petite ville de Narcissa en Oklahoma l’été 1966.



Mon avis :

Black Coffee est un roman qui me faisait très envie depuis sa sortie. Le spitch me bottait vraiment pas mal et je ne regrette pas de l'avoir enfin découvert. Il me tarde de lire la suite white coffee maintenant. Dans ce roman il est question d'un tueur en série que personne n'a jamais pu arrêter puisqu'on ignore son identité. Malin et rapide, il sait se faire discret et agir à sa manière sans que personne ne parvienne à anticiper ses faits et gestes.

La trame pourrait sembler classique, mais il n'en est rien. L'auteur propose de découvrir deux personnages que rien ne semble lier et qui chacun de leur côté enquêtent sur le tueur de la route 66. L'un pour venger sa famille qui a subi la violence du tueur lorsqu'il était enfant et l'autre pour tenter de retrouver son mari. 

Le suspens est bien distillé de manière à ce qu'on ignore l'identité du tueur jusqu'à la toute fin. On se pause en tant que spectateur d'un duo improbable qui semble chercher la même chose : des réponses aux agissements de l'un de leur proche tout en comprenant que ce proche en question a été lié de près ou de loin au célèbre tueur des années 60. Je me demandais souvent comment l'auteur allait parvenir à nous garder sous sa coupe puisqu'à un moment donné, j'avoue que mon attention s'est relâché. Je ne me sentais plus autant captivé par l'histoire de Desmond et Lola jusqu'à ce moment où enfin leurs routes se croisent. Desmond est un brillant journaliste qui n'a jamais oublié les événements qu'on subi sa famille lorsqu'il était enfant et qu'il a tenté de sauver sa petite sœur et sa tante. Déjà courageux à l'époque, il n'en est pas ressorti indemne, ni lui, ni sa mère, laissée pour morte mais qui aura survécu par miracle. Desmond cherche à comprendre son père qui a tant changé après les tragiques événements. Il n'a plus jamais été le même. Est-il possible pour lui de comprendre et de rassembler les pièces d'un puzzle géant ?

C'est grâce à Lola et ses enfants qui cherche désespérément son époux disparu des années plus tôt et qui est persuadé que les notes qu'il lui a fait parvenir voilà peu de temps lui permettront de le retrouver enfin. Lola qui peu à peu comprend que sa quête est d'une importance capitale mais que certains secrets ne sont pas bons à découvrir.

Très vite, on est pris par l'histoire de Desmond et Lola et par la lecture de ces notes qui expliquent la personnalité du tueur. C'était intéressant de se pencher autant sur sa personnalité que sur la quête menée par nos héros. L'auteur lâche des bombes au bon moment nous captivant un peu plus jusqu'à ce final bourré d'adrénaline où on croise fort les doigts de revoir nos héros entier.

Ce fut une lecture captivante malgré une petite baisse de régime très courte et j'aurais passé là un très bon moment en compagnie d'un quatuor plus qu'étonnant.

Thriller captivant !


mercredi 22 novembre 2017

Renaissance, tome 1 : Soupçon de Denis Lereffait


Année d'édition : 2016

Edition : Rebelle
Nombre de pages : 230
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
Dans un village en bordure de forêt des garçons et des filles, âgés de 10 à 18 ans, passent le plus clair de leur temps à jouer. Le jour de leur 18ème anniversaire ils doivent le quitter pour rejoindre la capitale afin de vivre leur Renaissance. Ils ignorent ce qui se cache derrière ce terme car jamais personne n est revenu au village pour le dire. Tout va basculer quand, pour la première fois, un des habitants va trouver le moyen de prévenir ses anciens amis que certains d entre eux sont condamnés à mourir...






Mon avis :

Renaissance est un roman atypique. Etrange et assez déroutant. Déroutant par sa lenteur et le fait que tout semble étrange et mécanique à l'instar de ses matériaux de surveillance disséminer ça et là aux alentours du village.

C'est un roman de Science fiction qui nous propose de découvrir le monde dans lequel vit Pénélope. Un village atypique où chaque jour est propice aux jeux, aux autres et à l'amitié. Un lieu où il fait bon vivre parce qu'on a à se soucier de rien si ce n'est de vivre en toute quiétude. 

La nature est un élément majeur de Renaissance puisque notre héroïne est une véritable passionnée de la faune et de la flore. Elle prend plaisir à s'échapper le temps de se rendre aux endroits les plus beaux et où l'homme semble n'avoir aucun impact sur la vie animale. Mais voilà que peu à peu Pénélope comprend que cette vie si parfaite n'est qu'une illusion lorsqu'un adolescent meurt tragiquement et que son ami est mis à l'écart, suspecté de trahison et de vouloir découvrir les secrets trop bien caché de l'histoire de leur village.

La couverture nous laisse plonger dans un univers qui mélange nature et technologie et nous laisse dubitatif fasse à l'histoire de Pénélope. L'univers se met en place avec une certaine lenteur, un peu comme face au sommeil de nos héros qui sont complètement endormi par la rectrice du village et peu à peu le rythme s'accélère lorsque nos héros ouvrent enfin les yeux.

Je disais plus haut qu'il y avait une certaine lenteur dans la narration et c'est le cas. Ce qui m'a au départ fort ennuyée puisque j'avais la sensation de m'endormir, où du moins que l'auteur voulait m'endormir comme ses personnages pour ne capter mon attention que bien plus tard. Les réponses sont données au fur et à mesure même si d'autres viennent rallonger la liste déjà bien conséquentes des interrogations que l'on se pose.

J'ai apprécié la découverte de l'envers du décor, mais une fois que le rythme s'accélère c'est trop abrupte, trop soudain. Entre la lenteur du début et le mouvement perpétuel de la seconde partie, j'avoue avoir été un peu perdue par la direction que prenait le roman. 

J'ai cela dit eu un tout autre problème durant ma lecture : l'absence d'affection pour les personnages. Les dialogues sont rares dans ce premier opus, très rare même puisque l'auteur préfère nous conter un peu à sa sauce ce que traverse Pénélope et comment elle perçoit les choses, mais voilà ses paroles sont rares, ses interactions avec les autres aussi et du coup on a un très gros arc narratif qui peut troubler les lecteurs puisque c'est en partie pour cela qu'on y voit une grosse lenteur.

Heureusement, l'auteur sauve les meubles grâce à une certaine originalité bien pensée et bien présente qui amèneront le lecteur à se poser des questions bien réelles malgré un texte imaginaire.

Dystopie intéressante et particulière

mercredi 8 novembre 2017

Dans les brumes du mal de René Manzor


Année d'édition : 2017

Edition : Pocket
Nombre de pages : 444
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
Le retour de la nouvelle voix du thriller français.



La mère de Tom est morte. Et Tom a disparu.
Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, un enfant est enlevé et sa mère assassinée.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’invite dans l’enquête. Bien que Tom soit son neveu, elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille depuis vingt ans. Il aura fallu ce drame pour la ramener vers les brumes inquiétantes de sa Caroline du Sud natale.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants perdus, sans autre indice que le fragile témoignage d’un jeune voisin : pour lui, Tom a été la victime d’une malédiction vaudou, car il a vu rôder autour de sa maison un shadduh, une ombre.
Une ombre qui a peut-être englouti les enfants à jamais.

Mon avis :

René Manzor est un auteur que j'apprécie énormément. Les âmes rivales ou celui dont le nom n'est plus, sont deux romans que j'avais dévoré et adoré. Une fois encore, je ne peux que m'incliner face au talent de l'auteur de nous proposer une histoire qui démarre avec une thématique maintes fois abordé mais pour en faire quelque chose de bien plus violent et sombre. Ici, les enfants sont les victimes. Victimes de parents violents et victime d'un tueur en série qui les enlève après avoir torturé et assassiné les parents-bourreaux. Double peine pour la famille proche des victimes qui en plus du deuil subit la perte d'un enfant innocent dont on ignore le sort.

René raconte l'histoire de manière intense et addictive. Dès l'instant où on ouvre le roman, impossible de le lâcher. On veut comprendre les motivations du tueur, découvrir son identité et parvenir avec nos héros à sauver les enfants. J'avoue n'avoir même pas cherché à comprendre l'identité du tueur parce que j'étais tellement scotchée à ma lecture et à l'histoire de Dahlia que le reste m'importait peu. Dahlia c'est aussi l'héroïne du roman Celui dont le nom n'est plus. Cette profileuse qui possède d'excellentes compétences et qui se retrouve une fois encore mêlée à une enquête très personnelle puisque c'est son filleul qui est la nouvelle victime du tueur. 

On va donc suivre Dahlia qui après les épreuves subies précédemment va apporter son soutien à son frère qui a vu sa vie changer. Sa femme assassinée et son enfant kidnappé sous ses yeux, ou presque, voilà qui va détruire cet homme aveugle et qui n'osait pas voir ce qu'il se passait sous son toit. Il faut dire que même enfant et adolescent, il jouait souvent la carte de celui qui ne voit rien, et lorsqu'il est en difficulté, le voilà qui appelle sa soeur à l'aide. 

La tension est au maximum dès le début et ce, jusqu'à la fin qu'on ne voit pas venir, carrément inattendue ! Le passé de Dahlia et de son frère se mêle à l'enquête en cours sans que l'on voit ce qui peut les relier ensemble et pourtant ! Je n'ai rien vu venir, l'auteur a su disséminer de fausses pistes ça et là pour mon plus grand plaisir. Si l'occasion de relire un roman de René Manzor se présente, nul doute que je sauterais sur l'occasion. Il est devenu une valeur sure en terme de thriller.

L'histoire est parfois violente et sombre, les personnages semblent tous torturés par un secret qu'ils gardent au fond d'eux. Que ce soit les flics, la profileuse ou les victimes, personne n'est innocent finalement. Ce fut vraiment une très bonne lecture. Un coup de coeur pour ce thriller efficace, maîtrisé et qui nous fait beaucoup suer !

Lecture coup de coeur pour les nuits de pleine lune.