lundi 5 décembre 2016

La famille St. John, tome 1 : L'amour en 9 défis de Sarah Maclean

Année d'édition : 2016
Edition : J'ai lu (Aventures & Passions)
Nombre de pages : 448 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Gabriel, marquis de Ralston, vient d'apprendre l'existence de sa sœur bâtarde Juliana, qui arrive tout droit d'Italie. Pour lancer dans le beau monde cette jeune fille aux origines douteuses, il lui faut un chaperon exemplaire. Pourquoi pas lady Calpurnia Hartwell qui est considéré comme un parangon de vertu ? Elle sera garante de la réputation de Juliana.
Sauf que Calpurnia est en train de se rendre compte que sa vie l'ennuie profondément. Elle a même établi une liste de choses scandaleuses à faire avant de finir ses jours dans la peau d'une vieille fille flétrie. Et pour cela, elle compte bien sur Gabriel, le débauché le plus célèbre de Londres. 
La première page :
Mon avis :

Je lis peu de romance. Parce que bien souvent, je trouve que la romance est fade et toujours sur le même modèle. Mais de temps en temps j'aime bien me lancer dans une lecture de ce genre, un peu comme la junk food. Une fois de temps en temps ça peut être sympa. Et pour le coup, l'amour en 9 défis m'aura fait passer un chouette moment. C'était frais, bien écrit et j'ai beaucoup aimé l'héroïne : Calpurnia.

Ici donc, on fait la connaissance de lady Calpurnia. Nous sommes à Londres en 1813-1823 et la jeune lady se sent déjà mise de côté par les hommes de la ville. La pauvre qui est une rêveuse, qui attend de l'amour, un mariage parfait avec un homme qui la comblerait et serait attentionné. Mais voilà que dix ans s'écoulent et tous la considère comme une vieille fille. Célibataire, n'ayant jamais connu les bras d'un homme, elle est assez effacée et préfère de loin qu'on l'oublie plutôt que de se sentir une fois encore mise de côté par la gente masculine. Pourtant Calpurnia est amoureuse du même homme depuis dix ans. Elle n'a d'yeux que pour Gabriel de Ralston. Le seul homme qui l'aura complimenté alors qu'elle s'était caché dans des jardins pendant un bal après une ultime humiliation.

Mais voilà Calpurnia rêve de le voir enfin dans ses bras. Pourtant le marquis a eu grande réputation de séducteur derrière lui. Il aurait eu un nombre de conquête incalculable et se plaît semble-t-il à maintenir cet aura de Don Juan. Gabriel ne croit pas en l'amour. Il faut dire que très jeune, sa mère a abandonné son père et son frère pour partir à l'autre bout du monde refaire sa vie. Une femme froide, sans coeur et seulement attiré par l'apparence et la célébrité. Alors quand on lui amène sa demi-soeur et qu'on lui demande de s'en occuper, Gabriel est d'abord sous le choc ! Voilà que sa mère abandonne à nouveau l'une de ses progénitures. Quelle ingrate ! Si seulement Juliana, sa demi-soeur était une fille bien élevée et capable de faire une entrée remarquable dans le monde monde ! Mais non et c'est là qu'il va, après un incroyable concours de circonstance, faire appel à lady Calpurnia, une jeune femme pleine de vertu, douce et gentille pour aider sa soeur à se faire une place dans le milieu.

Et Calpurnia est un personnage délicieux. Cette femme qui rêve d'amour et d'une relation passionnée en a assez d'être mise dans le rang des vieilles filles. Et un jour, elle en a assez que les autres la prenne pour une femme passive, soumise et sans saveur. La thématique de la condition de la femme au XIXème siècle m'a bien plu. On y voit vraiment dans cette roman le rôle qu'on attend d'une femme de la bourgeoisie. Il suffit de voir les 9 défis qu'elle se lance, des défis qui à notre époque semble totalement à portée de main, mais pas à cette époque :

1. Embrasser quelqu'un - passionnément.
2. Fumer un cigarillo et boire du scotch
3. Monter à cheval à califourchon
4. S'essayer à l'escrime.
5. Assister à un duel  
6. Tirer au pistolet
7.  Jouer de l'argent (dans un club pour gentlemen)
8. Dans un bal, ne pas manquer une seule danse.
9. Etre considérée comme belle. Juste une fois.

Je craignais au départ que l'héroïne ne cherche à relever des défis qu'en lien avec l'amour et la romance et heureusement, ce n'est pas le cas. On est certes bel et bien dans une romance, mais Calpurnia cherche surtout à vivre des aventures, à se travestir en homme pour se sentir libre comme eux.

" T'es-tu jamais demandé ce que faisaient les femmes derrière les portes fermées des salons, lors des thés ou après le dîner ? De quoi nous parlons, comment nous vivons sans vous ?
- Non.
- Evidemment. Parce que nos vies sont totalement exposées. Nous sommes peut-être seules dans une pièce, isolées des hommes, mais c'est vous qui possédez les maisons dans lesquelles nous nous réunissons, et vous connaissez les pièces que vous nous octroyez. Vous ne vous gêneriez pas pour y entrer, aussi nous contentons-nous de faire du point de croix  et de bavarder de tout et de rien. Nous ne nous autorisons jamais à dire ou à faire des choses trop contraires aux convenances, de crainte que vous n'en soyez témoins. 
C'est différent pour vous, continua-t-elle d'un ton de plus en plus passionné. Les hommes ont leurs endroits réservés : les tavernes, les salles d'armes ou les clubs. Là, vous pouvez vous livrer à toutes sortes d'activités et tenter toutes les expériences que vous désirez. Loin du regard curieux des femmes."Page 286

Et voilà Calpurnia prête à tout pour vivre le frisson de l'aventure et tant pis pour sa réputation. Elle en a marre d'être une femme invisible aussi il est temps pour elle de vivre enfin comme elle l'entend. Forcément, qui dit changement de vie et de désir dit rebondissement et Gabriel va enfin découvrir la personnalité de cette femme que tous trouvent trop banale. La romance prend son temps pour se mettre en place. N'oublions pas l'époque et forcément, on ne saute pas de suite sur une femme ou un homme qui nous attire. Calpurnia en plus ignore tout de la séduction et de la sexualité, sans pour autant être transformé en vierge effarouchée. Et la romance, même si elle suit un cheminement assez classique m'aura franchement plus. Un peu d'érotisme, un peu de sentiments, beaucoup de quiproquos et de frustration et nous voilà avec une romance historique palpitante bien mise en avant par un duo de personnage intense.

C'est donc une bonne romance et franchement c'est peut-être l'une des meilleures romance historique que j'ai lu cette année. C'est frais et pétillant. L'héroïne a du caractère et du charisme. Gabriel est séduisant et honnête et malgré quelques quiproquos agaçants entre eux, on vibre tout du long de l'histoire jusqu'au dénouement ! Les autres personnages sont aussi charismatiques, pas un n'est mis de côté et très franchement, pour le coup il me tarde de lire la suite !

Les plus :
- Les défis de l'héroïne.
- L'héroïne très sympathique 

Les moins :
- les quiproquos agaçant vers la fin comme dans quasi toutes les romances pour apporter un peu de piment. 

 

dimanche 4 décembre 2016

Bilan Novembre 2016


Cette fois-ci, je plaide coupable et je suis en retard pour vous proposer mon bilan. Faut dire que je viens de me bourrer de cachet pour vous l'écrire souffrant d'une violente Trachéite depuis quatre jours et ce n'est pas prêt de se stopper demain ! Mais bon, il faut tout de même bien faire son bilan et le voici enfin. Un mois de lecture sympathique dans l'ensemble avec bien trop de déception à mon goût. Mais ce sont les risques. Je ne vais pas inventer des points positifs à chacune de mes lectures. Je préfère de loin être honnête, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas !

On commence par mon top du mois !

https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/rouge-arme-de-maxime-gillio.html https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/nid-de-poule-de-michael-sailliot.html https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/un-grand-amour-peut-en-cacher-un-autre.html
1. Rouge armé de Maxime Gillio ( 348 pages)
2. Nid de poule de Michael Sailliot ( 50 pages)
3. Un grand amour peut en cacher un autre de Kristan Higgins (453 pages)

Trois romans bien différents mais avec lesquels j'ai passé un moment unique me faisant passer par des émotions très différentes. De la compassion et de l'admiration pour les femmes de rouge armé, du dégoût pour le final de Nid de poule et du rire avec la romance de Kristan Higgins !

Les déceptions du mois !

https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/au-pays-de-lailleurs-de-tahereh-mafi.html https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/linfini-un-de-amy-harmon.html
4. Au pays de l'ailleurs de Tahereh Mafi (288 pages)
5. L'infini + un de Amy Harmon ( 424 pages)
6. Cadran de Sébastien Bouchery ( 336 pages)

Trois romans qui ne m'ont pas convaincu du tout. Dommage !

Et les bonnes lectures !
https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/scorpi-tome-1-ceux-qui-marchent-dans.html https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/fais-le-pour-maman-de-francois-xavier.html https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/lucie-dalick.html
7. Scorpi tome 1 de Roxane Dambre ( 277 pages)
8. Fais-le pour maman de François Xavier Dillard (311 pages)
9. Lucie d'Alick ( 381 pages)

https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/le-bibliomancien-de-jim-c-hines.html https://lesvictimesdelouve.blogspot.fr/2016/11/remember-de-welzard.html
10. Magie ex libris tome 1 le bibliomancien de Jim C.Hines ( 384 pages)
11. Re/member de Welzard  (531 pages)

Dans l'ensemble, voilà un mois qui aura été top avec des univers très différents et plaisant ! 

vendredi 2 décembre 2016

Pal Décembre 2016


Voici quelques idées de lecture dans lesquelles je vais piocher durant le mois de Décembre.

Je ne les lirais pas tous, il y a les fêtes à préparer pour les enfants, mais certains me tiendront compagnie durant ce mois festif !

 

Encore beaucoup de diversité !

Acquisition de Novembre 2016

Le mois de Novembre s'est achevé et comme je l'avais souligné, je suis restée très raisonnable dans mes acquisitions. Cinq petits livres se sont ajouté à ma PAL =)

Nid de poule est déjà lu et j'entame sous peu projet Callidus et holomorphose qui me tente vraiment beaucoup tous deux !


 

mardi 29 novembre 2016

Scorpi tome 1 : Ceux qui marchent dans les ombres de Roxane Dambre

Année d'édition : 2016
Edition : Calman Levy
Nombre de pages : 277
Public visé : Adulte / Young Adult
Quatrième de couverture : La nouvelle série de l'auteur d'ANIMAE, traduit aux États-Unis, Prix des lecteurs 2015 de la librairie L’Antre-Monde, et Plume d’Or 2015, catégorie Nouvelle Plume.
Par un de ces orages d’été dont Paris a le secret, Charlotte, 23 ans, découvre un petit garçon blotti au pied de son immeuble, ses cheveux sombres ruisselant d'eau, son T-shirt plaqué par la pluie.
Charlotte, qui est la gentillesse même, lui propose de s’abriter chez elle. L’enfant la suit sans un mot. D’ailleurs, il parle très peu, mais quand il parle c’est pour dire des choses ahurissantes : ses parents et son grand frère seraient des tueurs à gages aux pouvoirs mystérieux, baptisés les Scorpi. Lui-même, Élias, serait en apprentissage. Et sa phrase fétiche semble être : « Tu veux que je le tue ? »
Charlotte n’en croit pas un mot, d’abord. Mais bientôt elle découvre dans son salon une version 25 ans d’Elias, un grand brun aux yeux bleu outremer qui a l'air de débarquer d'un autre monde. Adam, le fameux frère, vient d’entrer dans sa vie, et celle-ci va tourner à la cavalcade.
Poursuivie par des inconnus, repérée par la police, rendue chèvre par ses "invités", Charlotte arrivera-t-elle à maîtriser la folie tantôt joyeuse tantôt angoissante que devient son destin depuis qu'elle a rencontré les Scorpi ?

La première page :

Mon avis :
J'avais beaucoup aimé Animé aux édition le livre de poche. L'auteur avait proposé une saga pétillante et amusante. C'est en partie pourquoi je me suis jetée sur Scorpi. Pour retrouver une lecture réellement distrayante, sans prise de tête et qui me fera passer un bon moment. Et sans surprise, ce fut le cas ! J'ai passé un chouette moment avec ce premier tome de Scorpi !
 
Clairement, on est dans de la lecture détente, sans prise de tête. L'auteur use de facilité et offre une romance très rapide mais même si on lève les yeux au ciel comme ce fut le cas me concernant, on met de côté les quelques petits défauts, surtout quand on sait que l'auteur ne cherche qu'à nous divertir et non à nous proposer un roman sérieux et crédible du début à la fin. On fait la connaissance de Charlotte, une jeune femme adorable et hyper gentille. Trop gentille et c'est là son plus gros défaut. On a la sensation qu'elle vit au pays des bisounours, pensant à tort que tout le monde est gentil et qu'elle n'a pas besoin d'être odieuse pour se faire respecter et entendre. 
 
On a une héroïne assez passe-partout. Elle se veut discrète et posée. Pense toujours à son prochain et ne cherche pas à se faire remarquer. Son boulot ne la passionne pas spécialement, mais voilà c'est seule qu'elle est parvenue à y entrer et elle compte bien y garder sa place. Le seul problème c'est que son patron est toujours derrière elle. Le harcèlement est mis en place dès le début et j'ai trouvé ça sympa de mettre un thème fort dans un roman si léger. Ca renforce le côté réaliste de l'histoire de Charlotte, même si dès l'instant où elle rencontre Elias, ce petit garçon d'à peine dix ans, on comprend que le roman va tomber dans le fantastique et que Charlotte va subir une drôle d'aventure. 
 
" Est-ce que vous savez comme c'est compliqué, de porter plaite pour harcèlement sexuel? m'emportai-je. Il faut des preuves et ce...ce... ce sale type est mille fois trop malin pour en laisser ! Au bureau, mes supérieurs l'adorent, et mes collègues trouvent ça "trop mignon", quand il me donne des surnoms! Du coup, personne n'imagine une seule seconde que ça cache des trucs plus graves, et personne ne me croit quand j'essaie d'en parler ! Et en plu, je suis en période d'essai, alors que lui, il est là depuis des années! A votre avis, il va se passer quoi, si je porte plainte ? Alors que je n'ai même pas de preuves? Tant que je ne me serait pas fait violer, je ne pourrai rien dire ! Et encore !" Page 223
 
Heureusement malgré cette thématique du harcèlement, l'auteur garde une ligne directrice drôle et pleine de bons moments. J'avoue avoir très souvent souris pendant ma lecture parce que ça me faisait du bien de lire un roman où l'auteur assume son côté décalé. Scorpi ne se prend pas au sérieux et même les personnages ont tous quelque chose de complètement dingue. Elias, ce petit gamin qui propose à Charlotte de tuer tout le monde pour lui faire plaisir, Adam qui la prend comme fiancée après un gros malentendu et qui va au début beaucoup effrayer Charlotte pour ensuite la faire totalement craquer. La romance est amusante, pleine de quiproquos, et bon, oui, elle va vite. En quelques pages, hop, Charlotte tombe sous le charme de ce grand brun ténébreux, frère protecteur d'Elias, mais finalement ça nous amuse ! J'ai aussi adoré l'inspecteur Balard et son flegme. Il garde le contrôle jusqu'au bout, se montre même amusant et quasi protecteur envers Adam alors qu'il le traque depuis des mois. Une chasse à l'homme qui je pense va virer vers quelque chose de différent quand on voit le respect mutuel qu'ont les deux hommes l'un pour l'autre alors qu'ils sont sensé se haïr.
 
" Je ne pense pas, mademoiselle Laroche. J'ai entendu parler de ces crimes et je puis vous garantir que lorsqu'Adam Lesath frappe un homme derrière la tête, certes, son cerveau explose, mais à l'intérieur. Pas une goutte de sang ne filtre. Il aime faire les choses proprement. La fierté des tueurs scorpi, c'est de porter une chemise blanche qui reste immaculée lors de leurs assassinats." Page 85
 
La plume de l'auteur est fun et drôle. Les personnages ont de la répartie, c'est un régal et on s'amuse vraiment de vivre aux côtés de Charlotte. Heureusement l'univers est tout aussi top que celui d'animae. On y suit les Scorpi, famille capable de se cacher dans les ombres et tueurs à gages. Ils ne tiennent compte que de 4 règles pour accomplir leur mission. Pas de victime collatérale, pas de femme ni d'enfant, pas d'assassinat gratuit... voilà les principales règles des scorpis. Et du coup, de voir des tueurs qui ne sont ni trop gentils ni trop mauvais, ça fait du bien. Ils agissent pour l'argent, mais tiennent tout de même compte de leur cible afin d'accepter si c'est une ordure. 
 
Leur force et leur pouvoir sont bien amenés, l'auteur s'éclate et nous aussi. Vient ensuite une histoire de gobelins et de bien d'autres créatures qu'on retrouve souvent en bit-lit. Le principal c'est qu'on ne s'ennuie absolument pas et qu'on a hâte de lire la suite des aventures de Charlotte ! 
 
En bref, je me suis éclatée avec ce premier tome très fun. Aussi génial qu'animae. Ca ne se prend pas au sérieux, c'est fun, avec de l'action et une panoplie de personnages hyper attachants. Encore une belle découverte ! 
 
Les plus : 
- Le côté funk totalement assumé
- Les personnages très attachants.
 
Les moins :
- La romance un peu trop expéditive. 
 
 

 

dimanche 27 novembre 2016

Cadran de Sébastien Bouchery

Année d'édition : 2016
Edition : France Loisirs (Nouvelles Plumes)
Nombre de pages : 336 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Imaginez : du jour au lendemain, votre femme, vos parents, vos collègues voient en vous un parfait inconnu… Et pourtant leur vie est entre vos mains. Bienvenue en enfer.

Alors qu’il assiste aux funérailles de son frère, Tony Stovac, assureur sans histoires, reçoit le coup de fil d’un client important qui lui réclame un dossier. Il accepte de faire un crochet jusqu’à son agence… Si ce n’est que sur place, aucun de ses collègues ne semble le reconnaître. Pire, il est violemment expulsé par la sécurité. Ses parents, son meilleur ami, sa femme… il n’existe plus pour personne. Chez lui, c’est un parfait inconnu qui répond au nom de Tony Stovac.
Plongé dans ce cauchemar absurde, il reçoit l’appel d’un mystérieux interlocuteur. Tony a en sa possession quelque chose que celui-ci convoite. Il a 24 heures pour lui remettre cet objet dont il ne sait rien, avant que l’homme ne s’en prenne à ses proches.

La première page :


Mon avis :
Les thriller c'est devenu depuis quelques mois le genre qui me plaît le plus. Aussi j'avoue devenir très difficile concernant les romans de ce registre. Il faut que cela m'accapare dès le début et que je n'ai plus du tout envie de poser le bouquin. Faut aussi que les événements qui s'enchaînent me surprennent et que la fin me scotche. Malheureusement, avec Cadran, ça ne l'aura pas fait du tout. Non pas que le roman soit mauvais, il est sympa mais il ne m'aura pas fait passer les nuits blanches que j'espérais. Une fois le roman terminé, je suis allée voir les notes qu'il avait recueilli sur les différents sites que je suis et je dois bien être l'une des rares lectrices qui n'a pas été séduites. Il s'agit donc bien d'une histoire de perception du roman et de goût. Peut-être serez-vous dans mon cas, peut-être pas. A vous de tenter l'aventure.

Le premier point qui m'aura déplu, c'est la plume de l'auteur. J'ai trouvé qu'il faisait beaucoup dans le descriptif et trop peu dans l'émotion. Pourtant quand on voit ce qui arrive à Tony, on est dans l'attente de sentiments forts. Incompréhension, rage, colère, désespoir voilà ce que je m'attendais à lire et à voir surgir de Tony. Mais non. J'ai eu l'impression que le personnage était totalement imperméable et sans émotion, comme un robot. Faut dire que dès le début il m'a agacé. Donc ça n'a pas aidé, mais voilà, le héros est à l'enterrement de son frère et pourtant il trouve le moyen de satisfaire un client en retournant au bureau. Mais très honnêtement, un client qui m'appelle pendant un enterrement, je pense que c'est lui le prochain qui se retrouverait dans un cercueil s'il avait le culot d'exiger que je quitte mes proches pour lui envoyer des foutus documents ! Déjà, premier point qui m'aura déplu. Les circonstances du début de roman et cet élément déclencheur ne m'ont pas du tout convaincu. J'attendais tout autre chose qui déclenche cette nouvelle identité. 

Pourtant il me semblait bien que Tony appréciait ce qu'il avait et sa famille. Sa femme, ses amis, tous sont présents à ses côtés au début et peu à peu, on le voit perdre un à un tous ses repères. 

"Aujourd'hui, je prends conscience de ma bonne étoile. De l'étendue de cette richesse qui a jalonné ma vie entière. De la générosité de mes parents, de la valeur de mes amitiés, de la fortune qui m'a été offerte  lors de ma rencontre avec Joe-Anna et des deux enfants qu'elle m'a donné." Page 24

Et puis soudain, c'est l'incompréhension ! Tony semble être inconnu de tous ses proches. Pas un ne semble le connaître, le prenant pour un autre. A son travail, chez lui. Partout. De fil en aiguille, il finit par passer un moment à l'hôpital psychiatrique, il se fait frapper par les vigiles de son entreprise. Bref, il va vivre une accumulation de péripéties que j'ai trouvé grossière. On sent l'influence des films américain et des derniers événements en France qui ont je pense joué un rôle dans l'écriture de ce roman. Le terrorisme, la recherche d'identité, d'une cause à défendre, beaucoup d'ingrédients qui auraient pourtant pu marcher si je n'avais pas trop vite compris que la fin n'allait pas me satisfaire. Et j'ai vu juste.

Très vite, il y a la question de savoir si le héros est fou ou non et j'aurais vraiment adoré que l'auteur joue sur cette question jusqu'au bout, mais dommage que trop vite les indices soient révélés et qu'on se rende compte de la vaste mascarade concernant l'entourage de Tony. 

L'étincelle avec Cadran n'a donc pas été au rendez-vous. C'est dommage parce que le roman avait vraiment du potentiel, mais les explications sont exagérés, c'était trop tiré par les cheveux sur la fin. Tony se fait malmener du début à la fin tout ça pour un vulgaire et minuscule petit objet. Incroyable tout de même ! En bref, me concernant, ça ne l'a pas fait, mais étant l'une des rares lectrices à ne pas avoir apprécié, il est important de vous faire votre avis et de découvrir les autres bons avis disponibles sur la toile.

Les plus :
- L'intrigue qui aurait pu être géniale !

Les moins :
- Le héros qui ne m'a pas convaincu
- La plume de l'auteur que j'ai trouvé froide 
- Les explications données pour expliquer les péripéties de Tony.



jeudi 24 novembre 2016

Fais-le pour maman de François-Xavier Dillard

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket
Nombre de pages : 311
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Je vais dire que c'est toi qui a fait ça, qui a donné le coup de couteau. Fais-le pour moi Sébastien, fais-le pour maman !" Comment oublier la voix de sa mère lorsqu'elle prononce ces mots ?
Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa mère et sa sœur adolescente, Valérie. Leur mère arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, malgré ses deux emplois qui lui prennent tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille qui dégénère, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère accusant son petit garçon d'avoir blessé sa soeur. La mère prendra 5 ans de prison.
Des années plus tard, et grâce à ses parents adoptifs, Sébastien mène une vie « normale », alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue après sa sortie de prison. Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires. Jusqu'à de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients et avec eux, le retour funeste des voix du passé...

La première page :
  
Mon avis :
Fais le pour maman fait partie de ces thrillers qui dès sa sortie en grand format m'avait intriguée. Le résumé et le titre m'avait vraiment interpellé. J'ai bien fais de succomber. Sans avoir eu un coup de coeur pour le livre, sans le classer dans mon top de l'année, je dois bien avouer qu'il a plutôt bien joué avec mes nerfs et que la fin m'aura grandement surprise. Pourtant, au départ, j'avoue m'être un peu ennuyée devant le peu d'action. Le temps que le roman nous fasse faire la connaissance de ses héros.

On fait la rencontre de Sébastien, une quarantaine d'année qui est devenue médecin dans un quartier plutôt tranquille. L'homme élève seul ses deux filles depuis le suicide de sa femme. Mais voilà, Sébastien a un lourd passé, il a vu sa mère tenter de tuer sa grande soeur qui fort heureusement a survécu à l'agression. Traumatisé, le voilà éloigné du cercle familial pour le préserver même si son enfance sera de ce fait plate et triste, Sébastien va tout faire pour s'en sortir à l'école et ainsi devenir docteur. On peut dire qu'il y parvient et s'offre enfin une vie tranquille et pépére en compagnie de ses deux adorables filles. Malgré la normalité de sa vie, on sent encore qu'une profonde angoisse l'habite, de quoi lui donner des périodes d'absences où il effraye ses proches.

" D'un seul coup, sa respiration se bloque, il est oppressé, une charge immense s'abat sur ses épaules. Il titube un peu puis est projeté avec une force irrésistible des années en arrière. A cet instant, Sébastien vient de quitter la chambre. Il ne voit plus le placard, le sol se dérobe sous ses pieds et il est maintenant devant une scène épouvantable. Il y a du sang, une épaisse tache de sang qui recouvre le carrelage et s'étend sur le sol. Et puis, il la voit. Elle le regarde et il y a maintenant dans les yeux de la femme bien plus de désarroi et de désespoir que de colère. Elle tend la main, elle tente en vain de lui dire quelque chose mais n'y arrive pas." Page 41
Sébastien est un médecin charmant. Il s'investit réellement pour ses patients c'est très appréciable et lorsque les choses dérapent, forcément, il fait le suspect idéal. Et nous voilà posé devant deux possibilités : primo il est coupable et nous mène en bateau depuis le début, secundo il est innocent et on nous mène en bateau depuis le début. Pour moi ce n'était que l'une de ces deux possibilités. Mais voilà là où l'auteur aura su me surprendre sur la fin et ça j'ai apprécié.

Sébastien n'est pas quelqu'un de blanc ou noir. On sent sa part d'obscurité en lui en raison d'un passif très violent. Sa mère et sa soeur, son meilleur ami, son épouse. Il va en perdre du monde dès son enfance et on pourrait penser que cela l'a endurci mais en fait non. Je l'ai trouvé émotionnellement instable, très à fleur de peau encore et le moindre changement dans son quotidien lui donne des crises d'angoisses d'une violence inouïe. Heureusement, il a la chance d'avoir deux petites filles adorables et fortes qui vont le soutenir et rendre sa vie plus gérable. Elles sont très cohérentes et j'ai beaucoup aimé la direction prise par l'auteur concernant la plus âgée. 

Et puis il y a Claire. Nouvelle venue dans le commissariat de la région où elle désormais la patronne, Claire fuit un passé violent aussi. De femme battue, elle est devenue guerrière, tirant sur l'homme qu'elle avait aimé et épousé après de nombreuses violences intolérables. Innocentée, elle est envoyé dans une petite ville tranquille pour se ranger et passer inaperçue. J'ai adoré ce personnage. Elle se met tout d'abord en retrait, et tente de vraiment rester isolée parce qu'elle ne se sent pas encore guérie des évènements qui ont précédé sont arrivée dans le commissariat. 

" Il va falloir qu'elle se calme si elle veut que les choses se passent mieux. Et elle continue à souffrir de ces affreux mots de tête qui sont, elle le sent, intimement liés à son histoire personnelle. Ils avaient commencé juste avant le procès, ce qui lui permettait d'ailleurs d'arriver à l'audience avec une mine encore plus ravagée que celle qu'elle affichait depuis le drame." Page 102
Claire donc va tenter de se faire une place, mais cela ne se fera pas sans problème au sein de sa nouvelle équipe. Une enquête étrange va les mener à davantage travailler ensemble lorsqu'une série de morts suspectes chez des enfants à l'hôpital éveille les soupçons de tout le monde.

Forcément, on se doute que Claire et Sébastien vont voir leur chemin se croiser et ce, dès les premières pages. L'alchimie entre eux est rapide, trop à mon sens aussi bien venant d'elle que de lui, comme si ces deux âmes torturés avaient besoin à tout prix de se raccrocher à quelqu'un qui saurait les comprendre. A côté, on avance sur l'enquête étrange avec ces enfants qui meurent dans de drôles de circonstances alors que rien ne le prédestinait à mourir si vite. Forcément, on se doute que le passé de Sébastien est à l'origine de tout cela, mais encore faut-il parvenir à imbriquer les pièces les unes aux autres pour réussir ce puzzle !

J'avoue ne pas avoir totalement vu la fin venir. Le sort réservé à l'aînée de Sébastien m'aura aussi surpris et c'est ça qui m'aura bien plu. La tension monte crescendo et malgré le peu de page du thriller, il est assez bon. Le début se veut lent pour que petit à petit on se sent étouffer par l'ambiance oppressante.

Aucun doute qu'il s'agit là d'un très bon thriller ! 

Les plus :
- l'ambiance qui monte crescendo
- le final assez bluffant
- le passé torturé de nos deux héros

Les moins :
- La lenteur du début du roman
- La romance trop rapide.